Violences post-électorales au Kenya : la défense de Ruto dénonce une "enquête entachée d'erreurs"

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LA HAYE (AFP) - (AFP)

La défense de William Ruto, ancien ministre kenyan soupçonné de crimes contre l'humanité commis lors des violences post-électorales de 2007/2008 au Kenya, a dénoncé jeudi une "enquête entachée d'erreurs", devant la Cour pénale internationale (CPI).

"M.Ruto estime n'avoir fait aucun mal et estime qu'il est ici seulement en raison d'une enquête entachée d'erreurs puisqu'on a fait appel à un grand nombre de témoins anonymes", a affirmé son avocat, David Hooper, à l'ouverture d'une audience de confirmation des charges à La Haye, où siège la CPI.

"Nous estimons qu'il n'a pas été enquêté de façon équitable par le bureau du procureur sur les éléments à charge et à décharge", a affirmé l'avocat, insistant sur la "frustration" de son client, au cours de l'audience prévue jusqu'au 12 septembre.

L'ancien ministre de l'Enseignement supérieur et candidat potentiel à l'élection présidentielle de 2012, William Ruto, 44 ans, et deux autres suspects dans ce dossier, l'ancien ministre kenyan de l'Industrialisation Henry Kosgey, 64 ans, et le présentateur de radio Joshua Arap Sang, 35 ans, assistaient libres à l'audience.

"L'audience de confirmation des charges ne constitue pas un mini-procès", a souligné de son côté la juge Ekaterina Trendafilova : "cette chambre ne doit pas statuer sur la culpabilité ou l'innocence"."Notre devoir est d'agir comme un filtre, d'établir si les affaires doivent aller ou non au procès".

La défense devait notamment présenter jeudi ses observations sur la recevabilité de la procédure et la compétence de la Cour qu'elle conteste, avant que l'accusation n'entame vendredi la présentation de ses éléments de preuve.

Trois chefs de crimes contre l'humanité, le meurtre, le transfert forcé de population civile et la persécution, ont été retenus contre les trois hommes, membres du camp du Premier ministre du gouvernement de coalition Raila Odinga, du Mouvement démocratique orange (ODM).

La CPI avait confirmé mardi en appel la recevabilité de la procédure engagée contre eux, contestée par Nairobi, de même que celle engagée contre trois proches du président Mwai Kibaki.

L'audience de confirmation des charges contre ces trois autres suspects, le vice-Premier ministre et ministre des Finances Uhuru Kenyatta, plus haut responsable kenyan visé par la CPI et lui aussi candidat potentiel à la présidentielle de 2012, Francis Muthaura, le bras droit du président Kibaki, et Mohammed Hussein Ali, chef de la police à l'époque des faits, se tiendra du 21 septembre au 11 octobre.

Selon l'accusation, quelque 1.200 personnes avaient été tuées lors des violences post-électorales qui avaient suivi la réélection contestée du président Mwai Kibaki, du Parti de l'unité nationale (PNU) en décembre 2007 face à Raila Odinga, et plusieurs centaines de milliers de personnes déplacées.

Les six suspects, tous libres, font l'objet de citations à comparaître, délivrées le 8 mars par les juges de la CPI.

Selon l'accusation, William Ruto, dirigeant de l'ethnie kalenjin "le plus représentatif", et Henry Kosgey, son "adjoint", ont organisé et coordonné la commission d'attaques généralisées et systématiques contre la population civile notamment les Kikuyu.

L'animateur de radio Joshua Arap Sang aurait lui diffusé de fausses informations pour provoquer un embrasement de la situation et attisé les violences en diffusant des messages de haine.

La CPI est le premier tribunal international permanent chargé de poursuivre des auteurs de génocides, crimes contre l'humanité et crimes de guerre commis depuis 2002.

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