Le principal parti d'opposition au Soudan a promis samedi de se battre pour un changement de régime par la lutte armée et par des manifestations de masse et a appelé à un soutien international, à la suite de violences dans l'Etat du Nil bleu (sud-est).
"Le coup d'Etat (de Khartoum) dans le seul Etat du Soudan du Nord qui était capable de se déterminer par un processus électoral prouve qu'il n'est pas possible de faire un changement constitutionnel sous ce régine actuel", a affirmé Yasser Arman, secrétaire général du SPLM (branche nord de l'ex-rébellion sudiste) dans un communiqué.
"Il n'y a plus d'autre possibilité pour les Soudanais qu'une combinaison de manifestations de masse et de lutte armée, de l'est de l'Etat du Nil bleu à l'ouest du Darfour", a-t-il ajouté.
L'état d'urgence a été proclamé vendredi dans l'Etat du Nil Bleu après des affrontements entre l'armée et des forces loyales au gouverneur élu Malik Agar, proche des ex-rebelles sudistes, ont annoncé les médias officiels.Un gouverneur militaire a été nommé.
Les affrontements se sont produits dans la nuit de jeudi à vendredi après un regroupement de troupes dans l'Etat du Nil Bleu, et alors que des combats font rage depuis trois mois dans l'Etat proche du Kordofan-Sud.
Le Nil Bleu et le Kordofan-Sud sont limitrophes du Soudan du Sud, indépendant depuis le 9 juillet après des décennies d'un conflit meurtrier avec Khartoum qui a parfois débordé dans ces deux Etats du Nord, une partie de leur population soutenant les Sudistes.
Dans son communiqué, Yasser Arman a affirmé que son mouvement et les trois principaux groupes rebelles du Darfour, région de l'ouest du pays déjà en proie à la guerre civile, s'étaient réunis vendredi pour former un mouvement politico-militaire uni pour le changement.
L'opposant a aussi appelé l'ONU à instaurer une zone d'exclusion aérienne au-dessus d'un territoire allant du Darfour au Nil bleu afin de stopper "le nettoyage ethnique" et de lutter contre les attaques aériennes des forces de Khartoum.
Il a également demandé aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et à la Norvège, pays garants de l'accord de paix de 2005 qui avait mis fin à la guerre civile en rendant possible à terme l'indépendance du Soudan du Sud, de réagir aux violations des droits de l'Homme, en particulier au "déplacement forcé de centaines de milliers d'habitants du Sud Kordofan et du Nil Bleu".
"Hier (vendredi), nous avons vu le bombardement intentionnel d'un réservoir d'eau à Kurmuk, qui prive des civils d'eau potable", a ainsi dénoncé M. Arman à propos de cette ville de garnison à la frontière éthiopienne, théâtre de combats acharnés pendant la guerre civile (1983-2005).
Deux femmes et un enfant ont été tués dans ces frappes, un autre civil est mort à Bau et quatre membres du SPLM ont été abattus à Damazin, la capitale du Nil Bleu, a-t-il assuré.
A l'approche de la partition, le régime soudanais a commencé à chercher à réaffirmer son autorité au sein de ses nouvelles frontières et à désarmer les milices qu'il ne contrôlait pas.
Samedi, le ministre de l'Information, Kamal al-Obeid, a assuré que le Soudan du Sud était responsable des récents combats le long de sa frontière.Depuis plusieurs semaines, Khartoum accuse ainsi Juba de chercher à déstabiliser son voisin du nord.
Auparavant, le secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères, Rahmatallah Mohamed Osman, avait dénoncé le SPLM: "Ce n'est pas un mouvement soudanais.Ce qui s'est passé au Nil bleu était une attaque contre le Soudan".
Envie d'afficher votre publicité ?
Contactez-nousEnvie d'afficher votre publicité ?
Contactez-nous
L'espace des commentaires est ouvert aux inscrits.
Connectez-vous ou créez un compte pour pouvoir commenter cet article.