La police du Swaziland a utilisé la manière forte mercredi contre les manifestants qui défient depuis trois jours la monarchie absolue du roi Mswati III, et six étudiants au moins ont été hospitalisés après avoir été matraqués dans la capitale Mbabane.
Au troisième jour d'une semaine de manifestations sous la bannière "Semaine mondiale d'action pour le Swaziland", des heurts ont éclaté à Sikheti (est) et à Mbabane, capitale du royaume.
Les manifestants demandent au roi d'ouvrir un dialogue démocratique avec les partis politiques, interdits depuis 1973, et d'adopter une meilleure gestion alors que le pays est en pleine crise économique et dépend de l'aide extérieure.
Pour l'instant, seule l'Afrique du Sud, pays dans lequel le territoire du Swaziland et son million d'habitants sont quasiment enclavés, a promis un prêt, pas encore versé.
A Mbabane, des étudiants en colère ont essuyé des tirs de gaz lacrymogènes et été bastonnés devant l'université fermée par le gouvernement depuis le 8 août.
Six d'entre eux ont été hospitalisés pour des blessures à la tête et deux arrêtés, selon Sibusiso Nhlabatsi, vice-président du conseil représentatif étudiant à l'AFP.
A Sikheti, la police a fait usage de gaz lacrymogènes et de tirs de balles en caoutchouc pour empêcher les manifestants d'accéder au centre-ville et d'y tenir un meeting, a indiqué Sibongile Mazibuko, présidente de l'association nationale des enseignants swazis (SNAT), jointe par téléphone.
Trois personnes ont été arrêtées selon elle, dont la vice-présidente de la confédération syndicale sud-africaine Cosatu, Mme Zingiswa Losi et une collègue.
Une information confirmée par la Cosatu contactée en Afrique du Sud, fer de lance de la solidarité avec la campagne pour le changement au Swaziland.
Une militante swazie, Sibusiso Lushaba, a indiqué qu'on l'avait battue, arrêtée et relâchée une heure après, faute de charge.
Des marches de protestation ont aussi eu lieu à Nhlangano dans le sud et à Manzini, principale agglomération de ce pays rural, où les manifestants, au départ une petite centaine, sont rapidement passés à un millier, a constaté l'AFP sur place.Ils chantaient pour la liberté et brandissaient des bâtons.
Mais à Sikheti, "quand les représentants de la Cosatu sont allés parlementer avec la police, la police les a embarqué", a raconté Mme Mazibuko.
La police swazie a confirmé la reconduite à la frontière de deux Sud-Africaines, soutenant qu'elles n'ont "pas été arrêtées" mais "extraites de la foule pour être interrogées et ont opté pour rentrer en Afrique du Sud après qu'on leur a expliqué que c'était une affaire swazie", selon le surintendant, Wendy Hleta.
Il a démenti les tirs avec des balles en caoutchouc à Sikheti, confirmant l'usage d'une grenade incapacitante pour disperser la foule à un moment.
"Ils essayent de pousser la police à la violence", a-t-il déclaré à l'AFP, alors que selon lui, la police "essaye par tous les moyens de contrôler la situation en communicant verbalement" et tolère les manifestations pacifiques.
"Ce n'est pas pacifique s'ils essayent de brûler les photos du roi", a-t-il ajouté.
Une syndicaliste swazie témoin de la scène à Sikheti, Mary Pais da Silva, a déclaré que les violences ont eu lieu quand la dirigeante du Cosatu s'apprêtait à prendre la parole devant la foule.
Mardi, la Sud-africaine estimait n'avoir aucune raison d'être expulsée compte tenu du prêt promis début août par l'Afrique du Sud au Swaziland."C'est nous les contribuables.Cet argent est le nôtre", argumentait-elle.
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