Les participants à la conférence d'Alger sur le Sahel se sont dits jeudi déterminés à lutter contre le terrorisme et la criminalité démultipliés par la crise libyenne, mais en réclamant un soutien accru de la communauté internationale.
"Nous devons développer nos moyens car notre sécurité, nous devons l'assurer nous-mêmes, avec "un partenariat de financement, d'équipements et de renseignement" de la communauté internationale, a résumé le ministre algérien délégué aux affaires maghrébines et africaines Abdelkader Messahel après deux jours de conférence.
La crise est lourde de conséquences pour l'ensemble de la planète, ont souligné les quelque 38 délégations présentes autour des quatre pays dits du "champ" du Sahel: Mali, Algérie, Mauritanie et Niger.
Pour les Occidentaux cependant, la responsabilité de remettre de l'ordre dans la région est d'abord du ressort des Etats de la région.
Les Etats-Unis sont allés plus loin.Evoquant la dissémination des armes libyennes dans la région depuis six mois de crise dans ce pays, le patron du Commandement des forces armées américaines en Afrique (Africom), le général Carter Ham, a estimé que la responsabilité de résoudre ce problème revenait au Conseil national de transition (CNT) libyen qui a renversé le régime de Mouammar Kadhafi.
"Les Etats-Unis et la plupart des autres pays ont été très clairs sur le fait que le contrôle des armes (libyennes) est sous l'entière responsabilité du CNT", a déclaré le général américain lors d'une conférence de presse, tout en assurant le nouveau pouvoir d'une aide internationale pour s'acquitter de cette tâche.
Une situation aggravée par la crise libyenne
Pour la région, au déploiement déjà ancien des jihadistes d'Al-Qaïda du Maghreb islamique (Aqmi) et au développement des gangs criminels, avec divers enlèvements d'étrangers, s'ajoutent les conséquences de la crise en Libye.
La situation s'est aggravée par le passage d'armements en tout genres et le retour des populations sahéliennes anciennement employées par le régime et de mercenaires d'Afrique subsaharienne auxquels Kadhafi avait fait appel contre la rébellion.
"Leur intégration ou réintégration chez eux sera difficile", faute de débouchés économiques dans cette région parmi les plus pauvres du monde, a reconnu un haut diplomate sahélien.
D'où la nécessité pour l'Algérie, le Mali, la Mauritanie et le Niger "d'engagements supplémentaires et davantage d'actions coordonnées", lit-on dans le communiqué final jeudi après-midi.
Depuis 2010 les quatre pays ont une coopération militaire par le Comité des états-majors opérationnels conjoints (Cemoc), installé à Tamanrasset, dans l'extrême sud algérien, au Sahara.Ils ont depuis resserré leurs liens dans le renseignement.
Certains pays du Sahel ne voient pas d'un mauvais oeil une présence militaire occidentale.Mais leur puissant voisin algérien - le pays le plus riche et le mieux armé de la zone - s'y oppose tout en refusant de faire lui-même le gendarme pour les autres, sauf pour des "patrouilles communes frontalières", comme l'a rappelé M. Messahel.
"Il n'est pas dans notre tradition d'envoyer des troupes en dehors du pays.Nous sommes un peuple qui a beaucoup donné et nous songeons d'abord à défendre notre territoire", a-t-il déclaré.
Pour ce qui est d'un soutien militaire étranger, "très souvent l'intervention militaire étrangère ne réussit pas et elle peut même alimenter le terrorisme et le jihadisme armé", a encore estimé le ministre algérien.
Outre la crise libyenne, l'influence d'Aqmi s'est aussi étendue en Afrique, notamment au Nigeria, ont souligné les participants.La possibilité d'élargir le Cemoc à d'autres pays de la région n'est pas écartée à Alger, où l'on mentionne le Nigeria ou le Tchad.La Libye y viendra certainement, a souligné M. Messahel, mais il va falloir d'abord s'assurer du type de régime qui s'y installera.
En attendant, les quatre alliés du Sahel se sont donnés rendez-vous dans six mois pour refaire le point.
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