Au moins 163 personnes sont mortes dans le naufrage d'un ferry apparemment surchargé reliant, dans la nuit de vendredi à samedi, deux îles du très touristique archipel de Zanzibar, selon un ministre de cette république semi-autonome de la Tanzanie.
"Nous avons retrouvé 163 personnes qui sont mortes", a indiqué à l'AFP le ministre de Zanzibar pour les Situations d'urgences, Mohammed Aboud.Il s'agit d'un des naufrages les plus meurtriers en Afrique des 10 dernières années.
Les secouristes ont cependant réussi à sauver 579 personnes, a indiqué en fin d'après-midi le président de Zanzibar, Ali Mohamed Shein (bien Shein), qui a décrété trois jours de deuil à partir de dimanche.
D'après ces chiffres, le ferry transportait donc encore plus de monde que ce qu'avaient estimé les autorités de Zanzibar.Ces dernières avait indiqué qu'environ 600 passagers étaient à bord de l'embarcation qui reliait Unguja et Pemba, les deux principales îles de l'archipel de l'océan Indien.
Le nombre exact de personnes à bord de ce genre d'embarcation est souvent difficile à établir en l'absence d'un système fiable d'enregistrement des passagers.
Selon un journaliste de l'AFP présent sur place, aucun étranger n'avait, à ce stade, été recensé parmi les morts et les rescapés.
Le ferry était occupé en grande majorité par des habitants de l'archipel de Zanzibar, dont de nombreux habitants de l'île de Pemba qui revenaient chez eux à l'issue des vacances et à la fin du mois du Ramadan.
Les circonstances de l'accident restaient peu claires, mais les autorités de Zanzibar ont très vite laissé entendre samedi que le ferry était surchargé.D'après M. Aboud, en plus des passagers, il transportait une importante cargaison de riz et autres marchandises.
Manque d'équipement pour les secours"Nous protestions déjà contre le capitaine et d'autres personnes dans le port avant de partir, en leur disant que le bateau était trop plein," a affirmé un survivant de 50 ans, Zaid Amour.
"Ce n'est pas un accident, c'est la faute de ceux qui n'ont pas empêché le bateau de partir," a-t-il dénoncé."Les marins du bateau nous disaient encore +tout va bien+ quand nous demandions des gilets de sauvetage, alors quand les choses ont vraiment mal tourné, c'était trop tard pour beaucoup de gens."
"C'était terrifiant, les gens criaient dans le noir," a de son côté raconté Aisha Mohammed, une jeune rescapée de sept ans."Je n'ai pas pu trouver ma maman, je l'ai perdue quand nous étions tous dans l'eau," a-t-elle ajouté.
Evoquant une "tragédie nationale", le président de Zanzibar a assuré que le gouvernement ferait "tout ce qu'il peut pour aider les victimes".
"C'est une grande tragédie pour les habitants de Zanzibar et pour les Tanzaniens en général," a de son côté déclaré le président tanzanien, Jakaya Kikwete, dans un message de condoléances à sa république semi-autonome.
Samedi, les autorités de Zanzibar ont dépêché des équipes de secours de la marine et de la police sur les lieux de la catastrophe.Mais "les opérations de sauvetage pâtissent du manque d'équipement," a admis le secrétaire d'Etat adjoint à l'Infrastructure et à la Communication de Zanzibar, Issa Gavu.
Selon Ali Shante, un plongeur, l'arrivée des secours environ 5 heures après le drame a encore compliqué la situation."La plupart des gens qui avaient survécu ont été retrouvés flottant sur des matelas, des bouts de bois, des sacs remplis de riz," a-t-il expliqué.
Le ferry MV Spice Islander était parti vers 21H00 locales (18H00 GMT) de l'île de Unguja, et a chaviré quatre à cinq heures plus tard.
Ce naufrage vient allonger la liste noire des incidents impliquant les navires de transport de passagers et de marchandises de l'archipel tanzanien.En ami 2009, un ferry avait aussi chaviré, faisant six morts.
Zanzibar, dont le port de Stone Town est classée au patrimoine de l'Unesco, tire ses ressources essentiellement du tourisme.
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