La police kényane a étendu ses recherches lundi à la frontière avec la Somalie pour retrouver une touriste britannique enlevée dans le Nord du Kenya par des hommes armés qui ont tué son mari et pourraient être des islamistes somaliens.
"Nous avons recours à toutes les tactiques et à toutes les ressources disponibles mais nous ne sommes parvenus à rien pour le moment.Nous espérons la retrouver saine et sauve", a dit le chef de la police régionale, Aggrey Adoli, qui dirige les recherches.
Le couple de quinquagénaires britanniques, David et Judith Tebbutt, a été attaqué dans la nuit de samedi à dimanche dans leur bungalow, dans l'enceinte du Kiwayu safari village, situé sur une île à une quarantaine de km au sud de la frontière somalienne et à une cinquantaine de km au nord de l'île de Lamu.
Venus du parc Mara (sud du Kenya), les deux Britanniques étaient arrivés quelques heures plus tôt dans ce site composé de dix huit bungalows aux toits de paille, prisé par des célébrités pour son isolement, et dont ils étaient alors les seuls occupants.
Le mari a été abattu alors qu'il résistait aux agresseurs, qui sont repartis vers une destination inconnue, peut-être par voie de mer, avec son épouse.
Hélicoptères et vedettes rapides participaient lundi aux patrouilles, et la population des environs a été appelée à fournir tout renseignement utile.
L'agression pourrait être l'oeuvre d'un commando des islamistes somaliens shebab, qui contrôlent la plus grande partie du sud de la Somalie, ou de simples bandits.Les shebab n'avaient toujours fait aucun commentaire lundi.
Les insurgés islamistes avaient enlevé trois employés d'organisations humanitaires en 2009 sur le territoire kényan, à la frontière avec la Somalie, mais ils ne s'en sont jamais pris jusqu'à présent à des touristes.
"quelqu'un d'innocent"
Les pirates somaliens, quant à eux, ont à plusieurs reprises enlevés des touristes dont ils avaient attaqué le yacht dans l'Océan indien, comme le couple britannique des Chandler, capturés en octobre 2009 et libérés contre rançon plus d'une année après.
Jamais cependant ils n'ont attaqué un village de vacances sur la côte du Kenya.
Les agresseurs ont pu accéder au bungalow de leur victime, quelque peu excentré, en dépit de la présence dans le village de 6 policiers et de 22 gardes privés.
Les propriétaires du village de vacances indiquaient sur leur site "prendre très au sérieux la sécurité" de leurs hôtes et leur assurer "une sécurité 24 heures sur 24".
L'ambassadeur de Grande-Bretagne à Nairobi, Rob Macaire, a appelé à la libération de la Britannique.
"C'est une situation tragique et nous appelons les ravisseurs à la relâcher saine et sauve.C'est quelqu'un d'innocent, une touriste", a-t-il dit lundi dans la capitale.
Le ministère britannique des Affaires étrangères a déconseillé à ses ressortissants de s'approcher à plus de 50 km de la frontière entre le Kenya et la Somalie.
L'attaque du village de vacances est une mauvaise nouvelle pour l'industrie touristique au Kenya, qui a de nouveau atteint ses plus forts taux de fréquentation après un creux consécutif aux violences électorales de 2007/2008.Le nombre de touristes à visiter le pays pourrait atteindre 1,2 millions de personnes cette année, contre 729.000 en 2008.
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