Le président burkinabè Blaise Compaoré a opéré une vaste réorganisation de son armée, secouée au premier semestre par de nombreuses et violentes mutineries, a-t-on appris mardi de source officielle.
Au pouvoir depuis 1987, M. Compaoré, qui avait été confronté à une crise sociale sans précédent marquée en particulier par ces mutineries (mars-juin), a changé deux des trois chefs de régions militaires, à Kaya (nord) et dans la capitale économique Bobo Dioulasso (sud-ouest).
Egalement en charge du ministère de la Défense depuis cette crise, il a redessiné la carte militaire, créant de nouvelles entités, déplaçant certaines, supprimant des régiments et réunissant d'autres, selon des décrets consultés par l'AFP.
Le 24e et le 34e Régiment interarmes (RIA) ont été créés et disposés dans les garnisons de Bobo Dioulasso et Fada N'Gourma (est), ainsi qu'un 25e Régiment parachutistes-commando à Bobo Dioulasso.
Quatre régiments et un centre de formation ont été dissous et leur personnel redéployé, notamment le 21e Régiment d'infanterie commando de Bobo Dioulasso.
Aucun commentaire officiel n'a pu être obtenu auprès du ministère de la Défense ni de l'état-major des armées sur ces mouvements d'une ampleur inédite.
Le quotidien indépendant Le Pays jugeait mardi "difficile de parler de régiment sanctionné à travers ce chamboulement, tant les mutins se recrutaient partout dans les différents corps de l'armée".
"On note surtout une concentration des corps autour d'un commandement resserré dans les régions militaires", affirme le journal, pour qui "l'architecture de la nouvelle armée se met progressivement en place".
Le Régiment de sécurité présidentielle (RSP), la garde prétorienne de Blaise Compaoré, a été épargné par ces bouleversements.Une mutinerie dans ses rangs avait conduit mi-avril M. Compaoré à quitter quelques heures le palais présidentiel pour gagner son village natal.
Le chef de l'Etat avait dans la foulée nommé un nouveau gouvernement et un nouvel état-major.La répression d'une mutinerie début juin à Bobo Dioulasso a mis fin au mouvement, tandis que 566 militaires ont été radiés à travers le pays.
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