Sur le front de Bani Walid, une banque de fortune pour les anti-Kadhafi

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PRES DE BANI WALID (Libye) (AFP) - (AFP)

Au milieu d'une vallée écrasée par le soleil située au pied de la ville de Bani Walid, les combattants du nouveau régime libyen ont trouvé un réconfort inattendu: une banque de fortune, abritée sous un pont.

Une valise pleine de billets à la main, un homme distribue le traitement mensuel auquel ont droit les combattants de la Brigade Awfiyah, qui risquent leur vie sur ce qui devrait être l'un des derniers fronts de Libye.A Bani Walid, à 170 km au sud-est de Tripoli, des forces loyales à l'ancien dirigeant Mouammar Kadhafi continuent d'opposer une résistance acharnée.

"Ce mois-ci nous donnons 250 dinars libyens au lieu de 300 (environ 200 dollars) parce que nos rangs se sont élargis", affirme Nasser Bouzeid, un volontaire du comité de soutien aux combattants sur le front, formé en juin.

Un autre note consciencieusement le nom des combattants payés et enregistre les demandes de transfert d'argent vers l'est du pays, où beaucoup d'entre eux ont de la famille.

"Ma famille en a tout simplement plus besoin que moi", explique Rafit Abdallah Ibrahim, 21 ans, né à Al-Baïda, où les premières manifestations contre le régime avaient commencé en février.

Avant la guerre, le jeune homme était étudiant vétérinaire et conduisait un minibus pour gagner un peu d'argent de poche.Aujourd'hui il porte une Kalachnikov et égaie l'uniforme des combattants de sa brigade par un chapeau de cow-boy.

Son père, un enseignant, n'a pas été payé depuis des mois.Il espère donc que cet argent inespéré arrivera jusqu'à sa ville natale pour aider à faire vivre ses sept frères et soeurs.

Le jeune homme ne veut d'une chose: que la révolution l'emporte.

"Je n'ai vraiment besoin de rien parce que tout est disponible sur le front: eau, nourriture, cigarettes, vêtements...Le CNT nous fournit tout", dit-il en référence à l'organe qui dirige désormais le pays, le Conseil national de transition.

Nombreux sont ceux parmi les jeunes combattants, comme Othmane Mohammed, 17 ans, qui gagnait de l'argent en lavant des voitures avant la guerre, à penser la même chose.

"Je suis tellement heureux de combattre pour mon pays et de gagner un peu d'argent pour aider ma famille", dit Othmane, originaire de Benghazi, où le CNT a été créé et base de la Brigade Awfiyah.

"Que Dieu bénisse nos frères parce qu'ils nous aident", ajoute cet aîné d'une famille de huit enfants, le seul à participer à des combats de plus en plus éloignés de chez lui.Cet argent est le premier revenu qu'il ait touché depuis le début de la guerre.

Moustapha Rajab, 41 ans, fourre 100 dinars dans une enveloppe sur laquelle il écrit le numéro de téléphone de sa femme et sa fille à Benghazi, et met le reste dans sa poche.

"Je me bats sur le front alors j'ai besoin d'un peu d'argent", dit-il.

L'argent distribué aux rebelles, indique M. Bouzeid à l'AFP, vient de Libyens qui veulent soutenir ceux qui luttent pour la "libération" du pays.

"Des femmes de Benghazi ont vendu leurs bijoux et levé 100.000 dinars", souligne-t-il, précisant que le budget pour septembre dépasse les trois millions de dinars.

Plus de 600 combattants de la Brigade Awfiyah combattent dans l'ouest, stationnés dans la capitale Tripoli, à Tarhouna et aux abords de Bani Walid, l'un des derniers bastions pro-Kadhafi, d'après lui.

"Mes hommes portent les derniers coups contre le tyran -ils méritent tout", dit le commandant Abou Jeka Ali Hebchi avant d'envoyer ses hommes sécuriser les flancs des collines, où se cachent parfois des tireurs embusqués.

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