Au lendemain de l'accident d'oléoduc, le Kenya cherche encore ses disparus

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NAIROBI (AFP) - (AFP)

Un père pleurant ses deux enfants, un petit garçon à la recherche du sien: les habitants d'un bidonville de Nairobi étaient sous le choc mardi au lendemain de l'explosion d'un oléoduc qui a fait une centaine de morts, et accru encore la précarité de leurs conditions de vie.

Le gouvernement kényan a annoncé deux jours de deuil national à la suite du gigantesque incendie qui a ravagé une partie du bidonville de Sinai.

Le bilan exact était toujours impossible à établir, notamment parce que l'identification des corps le plus souvent calcinés est impossible.

En début de journée, la police avait indiqué que 92 corps avaient été retrouvés.Mais à la mi-journée, la Croix Rouge kényane en décomptait de son côté 86.

"Il s'agit des corps retrouvés à 13h00 locales (10h00 GMT), mais la recherche d'autres cadavres va continuer", a déclaré à l'AFP Pamela Indiaka, une responsable de l'organisation.

Cinq des 117 personnes hospitalisées à la suite du drame ont également succombé à leurs blessures mardi, a indiqué le ministre de la Santé, Peter Anyang Nyongo.

"Nous ne savons pas quel est le nombre exact de personnes qui sont décédées parce que certaines ont été très sévèrement brûlées", ce qui empêche leur identification et le recoupage avec la liste des personnes portées disparues, a ajouté le ministre.

"Nous allons largement nous reposer sur les tests d'ADN pour identifier les gens, et cela nous aidera sans doute à donner le nombre de victimes," a-t-il poursuivi.

La municipalité de Nairobi avait estimé lundi le nombre de morts à 120.

Toute la nuit dans le froid

Sur place, des rescapés tentaient de récupérer des bouts de métal de leur maison détruite, d'autres pleuraient leurs proches disparus.

"C'est ici que se trouvait ma maison, comme vous le voyez j'ai tout perdu.Mes deux enfants ont été brûlés vifs, mais je n'en ai identifié qu'un dont le corps a été repêché dans la rivière" Ngong qui traverse le bidonville, a témoigné auprès de l'AFP Joseph Indeche.

"J'étais au travail et mon épouse dans son village quand c'est arrivé.Pourquoi mes enfants sont ils morts comme cela, alors qu'ils ne prenaient pas d'essence?ils n'avaient que 7 et 4 ans", ajoute-t-il avant d'éclater en sanglots.

Sa maison détruite, M. Indeche a "passé la nuit dans le froid", comme des milliers d'autres habitants de Sinai.Le gouvernement kényan a promis mardi d'installer des tentes pour eux.

L'explosion, suivie de l'incendie, s'est produite lundi matin alors que l'oléoduc perdait beaucoup d'essence, et attirait de nombreuses personnes qui venaient récupérer le carburant dans des jerricanes pour le revendre ensuite.

Un journaliste de l'AFP a rencontré un garçon de huit ans assis sur un caillou, le regard dans le vague, près de la rivière.

"Quand j'ai vu le feu, je me suis sauvé, mais j'ai été brûlé à mes jambes et à la main.Mon père était parti chercher de l'essence, je ne l'ai pas revu depuis", explique Edward Karanja.

A la morgue municipale, Wachira Gichuki cherche pour sa part son frère, Kabue Gichuki."On nous dit qu'on l'a vu courir avec un jerricane à l'endroit où l'essence s'échappait, mais après l'explosion, nous avons perdu sa trace, nous ne savons pas s'il est vivant ou non, nous le cherchons partout", explique M. Gichuki, dont la tournée des hôpitaux de la ville a été vaine.

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