Libye: Syrte et Bani Walid, bastions loyalistes, résistent

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PRES DE SYRTE (Libye) (AFP) - (AFP)

Les forces du nouveau régime libyen sont entrées à nouveau lundi à Bani Walid et maintenaient leur étau sur Syrte, deux bastions loyalistes où des fils de l'ancien dirigeant Mouammar Kadhafi pourraient s'être retranchés.

Malgré des avancées des anti-Kadhafi sur le terrain, l'incertitude demeure sur le plan politique.L'annonce d'un nouveau gouvernement de transition a été reportée sine die dimanche soir, les nouveaux dirigeants n'ayant pas réussi à se mettre d'accord sur sa composition.

Reconnu par l'ONU comme représentant du peuple libyen, le Conseil national de transition (CNT) a expliqué début septembre qu'il comptait diriger le pays jusqu'à l'élection dans huit mois d'une Assemblée constituante, avant des élections générales un an plus tard.

Le délai de huit mois ne devrait cependant débuter que lorsque les nouvelles autorités, qui disent contrôler actuellement 90% du territoire libyen, auront déclaré la "libération" totale du pays.

Moussa Ibrahim, porte-parole du régime de Kadhafi, a affirmé que les troupes loyales avaient remporté ces derniers jours plusieurs victoires "qualitatives" contre les "collaborateurs de l'Otan".

"Nous sommes parvenus à les repousser en dehors de Bani Walid et de Syrte", a-t-il assuré dimanche par téléphone à la télévision Arraï, basée en Syrie.

Moussa Ibrahim a aussi affirmé que les "moujahidines" du régime avaient capturé 17 "mercenaires" à Bani Walid, "en majorité des Français, deux Britanniques, un asiatique et un Qatariote".Lundi, Londres a indiqué ne pas être en mesure de confirmer ces informations.

A Bani Walid, à 170 km au sud-est de la capitale, de violents combats opposaient lundi les forces du CNT aux partisans de Kadhafi, a annoncé Abdallah Kenchil, un responsable local des nouvelles autorités.

"Les révolutionnaires sont entrés ce matin à Bani Walid et livraient une rude bataille", a-t-il déclaré à l'AFP, assurant cependant que la libération de cette vaste oasis au relief assez accidenté serait terminée "dans les deux prochains jours".

Selon lui, les combattants qui défendent la ville sont "plutôt des mercenaires du Tchad, du Niger et du Togo, d'après les corps récupérés".Et des négociations sont en cours pour permettre aux civils, estimés selon lui à près de 50.000, de quitter la ville.

M. Kenchil a aussi répété que Seif al-Islam, un des fils du colonel Kadhafi, a été vu à Bani Walid et que l'ancien "Guide" lui-même pourrait également s'y trouver.

Samedi, un avion cargo militaire turc a essuyé des tirs de DCA alors qu'il effectuait un parachutage d'aide humanitaire à Bani Walid, a rapporté lundi l'agence de presse Anatolie, sans que l'on sache encore si les tirs provenaient de pro ou anti-Kadhafi.

A Syrte, à 360 km à l'est de Tripoli, les pro-CNT cherchaient surtout à sécuriser les artères principales pour permettre aux civils de quitter la ville afin de pouvoir répliquer aux tirs d'artillerie lourde des pro-Kadhafi, selon un commandant d'une brigade de combattants.

Pour les combattants, Mouatassim, l'un des fils Kadhafi, médecin et militaire de carrière, se trouve dans les faubourgs sud de la ville.Mais le sort de Mouammar Kadhafi et de ses fils, dont trois sont réfugiés en Algérie ou au Niger et deux seraient morts, a déjà donné lieu à de nombreuses rumeurs.

Syrte est la région natale du colonel Kadhafi, introuvable depuis l'entrée dans Tripoli le 20 août des combattants qui avaient pris les armes pour chasser le leader du pouvoir dans la foulée d'une révolte née à la mi-février.

Samedi, un haut commandant avait annoncé qu'au moins 6.000 combattants participaient à la bataille pour Syrte.Mais sur place, l'un de ces combattants avait déclaré qu'ils ne tenaient "même pas 5%" de la ville car ils ne font "que pénétrer puis ressortir".

L'Otan, qui intervient en Libye depuis fin mars sur mandat de l'ONU pour protéger la population civile, a annoncé dans son communiqué quotidien avoir mené dimanche des raids aériens sur Syrte et Waddan, l'une des trois villes de l'oasis Djofra, à 300 km au sud de Misrata.

Sur le plan économique, le groupe pétrolier français Total a annoncé lundi qu'il tablait sur une reprise rapide de sa production en Libye, et sur de nouvelles opportunités dans le pays.

"Nous avons de bonnes raisons de penser que nos sites de productions sont en bon état en dépit du conflit", a déclaré le patron du groupe, Christophe de Margerie, au quotidien allemand Handelsblatt."Nous devrions donc reprendre rapidement l'exploitation".

Dans un rapport annuel publié le 12 septembre, l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) avait estimé possible que la Libye revienne à une production à pleine capacité dans moins d'un an et demi.

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