La Zambie retenait son souffle mercredi, au lendemain d'une journée d'élection présidentielle très tendue, se demandant pourquoi aucun résultat n'avait été publié près de 18 heures après la fermeture des bureaux de vote.
Certes la presse locale a donné quelques résultats par circonscription, mais il était impossible mercredi à la mi-journée d'avoir une idée globale du rapport de force entre les deux favoris, le président sortant Rupiah Banda, proche des milieux d'affaires et fier de la croissance rapide de son pays, et le nationaliste Michael Sata, qui promet de lutter contre la pauvreté en redistribuant les revenus de l'exploitation lucrative du cuivre.
Le dépouillement était censé commencer mardi soir à 18h00, à la clôture officielle des bureaux de vote.Mais en raison de retard pris dans la matinée mardi, de nombreux bureaux sont restés ouverts plus tard dans la soirée.
Mercredi matin, trois bureaux ont même ouvert dans une province reculée de l'ouest du pays.La veille, le camion transportant leur matériel électoral était resté bloqué, et le scrutin n'avait pas pu être organisé.Un camion a finalement livré le nécessaire dans la nuit et la commission électorale a autorisé l'ouverture des trois bureaux mercredi.
Ce retard dans l'annonce des premiers résultats est inhabituel en Zambie, où les premiers chiffres commençaient à tomber dès le soir du scrutin lors des précédentes consultations électorales.
"Nous sommes exactement dans les temps par rapport à la dernière fois, sinon mieux", s'est contenté de dire à l'AFP mercredi matin le porte-parole de la commission électorale, Chris Akufuna.
Officiellement, le résultat définitif devait être proclamé 48 heures après la clôture du vote, soit jeudi soir, mais les incidents et les retards dans certaines régions risquent de rallonger ce délai, a ajouté M. Chris Akufuna.
La journée de mardi a été en effet marquée par des violences dans certains quartiers pauvres de la capitale Lusaka.Des soupçons de fraude et des bureaux de vote ouverts en retard ont provoqué la colère d'électeurs qui ont brûlé des bus, lancé des pierres sur la police et pris d'assaut des véhicules officiels.
Cinq personnes ont été arrêtées.
Mardi soir, la chef des 120 observateurs de l'Union européenne dans le pays, Maria Muniz Urquiza, tout en notant les retards et la colère des gens, a qualifié les incidents de "regrettables" mais "très isolés".
"Les élections se sont déroulées de manière transparente et correcte dans la majeure partie du pays", a-t-elle estimé.
Le vainqueur du scrutin à un tour de mardi dirigera pendant cinq ans ce petit pays à la croissance économique spectaculaire (7,6% en 2010 selon le FMI), poussée par l'envolée des cours du cuivre, sa principale ressource faute de se diversifier.
Le président Banda a fait campagne sur son bilan, estimant que l'enrichissement du pays grâce au cuivre donnait des perspectives optimistes de croissance et de développement.
M. Sata lui reproche d'avoir laissé les investisseurs étrangers faire main basse sur cette richesse, privant la population des fruits de cette croissance.Il promet de lutter en priorité contre la pauvreté en assurant une meilleure redistribution des revenus.Officiellement, 64% des 12,9 millions de Zambiens vivent avec moins de deux dollars par jour.
Le Front Patriotique de M. Sata promet également de s'attaquer à la corruption, face au laxisme dont M. Banda fait preuve selon les analystes.
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