Le principal suspect de l'attentat à la bombe de Marrakech (sud du Maroc) qui a fait 17 morts dont 8 Français en avril, a nié en bloc jeudi toutes les accusations qui pèsent contre lui au début du procès qui a commencé au tribunal de Salé, près de Rabat.
Appelé à la barre pour son interrogatoire, Adil Al-Atmani, a indiqué qu'il n'avait "jamais fabriqué les explosifs" avec lesquels l'attentat a été perpétré le 28 avril, ni même s'être "rendu à Marrackech".
M. Al-Atmani a ainsi réitéré son "innocence", clamée lors de l'audience précédente alors qu'il avait reconnu les faits quelques jours après son arrestation.
L'attentat avait visé le café Argana, au coeur de la célèbre place Jamâa El Fna à Marrakech, haut lieu du tourisme marocain.
Une vingtaine de membres des familles des victimes françaises sont arrivées jeudi au tribunal en brandissant des portraits de leurs proches décédés dans l'attentat, et se sont installés aux premiers rangs de la salle d'audience.
Les proches des suspects étaient pour leur part assis sur les bancs arrière de la salle d'audience tout près du box des accusés.
Les neuf accusés, dont M. Al-Atmani, sont entrés ensemble en tenue civile et non menottés dans le grand box vitré du tribunal avant de saluer en souriant leurs proches, a constaté un journaliste de l'AFP.
Le principal suspect est paru hésitant lorsqu'il a été interrogé sur les témoignages de personnes, présentes sur les lieux de l'attentat, qui l'ont reconnu et permis à la police marocaine de l'appréhender.
Interrogé sur ses voyages en Syrie, en Libye, en Turquie et en Irak, il a indiqué que tous ses déplacements étaient faits en vue d'une "immigration clandestine".
M. Al-Atmani, qui travaillait dans un commerce de chaussures à Safi, à 150 km au sud de Casablanca, a été présenté par des voisins comme un jeune homme pieux, mais querelleur.
Prenant la parole au cours de l'audience, l'avocat des victimes, Me Abdelrahim Jamaï -un tenor du barreau marocain- s'est dit "confiant que la justice marocaine saura montrer qu'elle est au niveau de la justice internationale".
Il a également réfuté les arguments des défenseurs des accusés pour qui les aveux des suspects ont été extorqués sous la pression et des menaces de sévices physiques.
Un des avocats de la défense a également indiqué que cet attentat "portait atteinte à l'image du Maroc dans le monde".
Auparavant, la défense des accusés a réclamé l'annulation de "toute la procédure judiciaire pour vice de forme".
Elle a aussi demandé la présence au tribunal du ministre marocain de l'Intérieur, la convocation des témoins ainsi qu'une expertise internationale sur les explosifs utilisés.
Dans des déclarations à l'AFP, les proches parents des victimes françaises ont exprimé leur colère et leur tristesse.
"J'attends de la justice marocaine qu'ils soient condamnés pour leurs méfaits car ils sont des barbares", a affirmé Jacques Sombret, le père de l'une des victimes.
"Voilà quatre mois qu'on nous balade aussi bien du côté de la justice marocaine que française.La justice française nous a complètement oublié", a pour sa part affirmé Nadine Asnar, mère d'Eric (47 ans), une des victimes de l'attentat.
Très émue, Mme Asnar est arrivée au tribunal en portant un grand portrait de son fils Eric, 47 ans, mort dans cet attentat avec sa compagne, Maude, 39 ans.
"Notre vie est un naufrage depuis le 28 avril, et j'attends de la justice qu'elle soit appliquée à hauteur des actes qu'ils ont commis", a déclaré Pascal Bohin, présent au procès avec son fils unique, et dont l'épouse figure parmi les victimes.
Sur les bancs arrière de la salle d'audience, Fatima plaidait de son côté l'innocence de son frère de 28 ans Abdelsamed Bettar, un des co-accusés "et qui n'a rien à voir avec tout ça".
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