Vieux routier de la politique zambienne, surnommé le "roi Cobra" pour son parler mordant qui séduit les laissés-pour-compte du boom minier, Michael Sata a remporté, à sa quatrième tentative, l'élection présidentielle organisée mardi en Zambie.
Charismatique mais controversé, M. Sata a renoncé pendant la campagne à ses diatribes anti-Chinois, très présents en Zambie, notamment dans les mines de cuivre.
Le chef du Front patriotique (PF), seul opposant de taille face au président sortant Rupiah Banda, a assuré vouloir travailler avec les Chinois s'il est élu.
L'année dernière encore, il avait haussé le ton après des incidents dans une mine de Sinazongwe (sud) dont les deux patrons chinois ont été accusés d'avoir tiré sur des ouvriers protestant contre leurs conditions de travail.Onze avaient été blessés.
"Un Zambien pourrait-il tirer sur un Chinois en Chine et être laissé en liberté ? C'est ce que nous laissons faire en Zambie", avait-il protesté. Il avait ensuite changé de cible et s'en était pris au laxisme présidentiel en matière de corruption. "Banda est l'ami des voleurs et les voleurs sont en liberté.Ils sont plus indépendants que vous", a-t-il affirmé à la population lors d'un récent meeting.
Il a lancé son slogan "Don't Kubeba" qui signifie "ne dîtes rien", encourageant les électeurs à accepter l'électricité gratuite et les autres petits cadeaux de campagne du président, et leur demandant ensuite...de voter pour lui le jour du scrutin. Il a assuré, comme durant la campagne de 2008, qu'il transformera le pays en 90 jours."Moins d'impôts et plus d'argent dans vos poches", répètait-on dans ses meetings où affluaient des Zambiens défavorisés et qui voient en lui un possible sauveur.
Plus de la moitié des Zambiens a moins de 20 ans et vit avec moins de deux dollars par jour.
Comme en 2008, son symbole est une Arche de Noé et il a paradé dans les rues juché sur un hors-bord tiré par une remorque sur lequel les Zambiens étaient invités à se réfugier pour échapper à la pauvreté et au sous-développement.
Agé de 74 ans comme le président-candidat sortant Rupiah Banda et ancien gros fumeur, M. Sata a survécu à une attaque cardiaque.
Durant la campagne électorale de 2008, il avait alarmé les milieux d'affaires et investisseurs en promettant l'adoption d'un loi faisant passer 25% du capital des entreprises étrangères aux mains des Zambiens de souche.Une idée rappelant la politique d'indigénisation menée au Zimbabwe voisin par le président Robert Mugabe dont M. Sata est un admirateur.
Né en 1937, M. Sata entre en politique dans les années 1970 et fait carrière jusqu'à devenir gouverneur de Lusaka en 1985.Proche de l'ancien président Kenneth Kaunda, il s'en détache pour rallier le Mouvement pour la démocratie multipartite (MMD) lors des premières élections multipartites en 1991.
Il occupe alors plusieurs postes ministériels avant de devenir ministre sans portefeuille, numéro trois du gouvernement.
En 2001, juste avant les élections il quitte le MMD pour fonder son propre parti et se présenter aux élections, où il n'enregistre qu'un score médiocre contre Levy Mwanawasa.
Cinq ans plus tard en 2006, il retrouve son adversaire, mais il perd de nouveau.Il dénonce des élections truquées, et plusieurs jours d'émeutes entre ses partisans et les forces de l'ordre secouent la capitale. En 2008, après la mort brutale du président Mwanawasa, il est de nouveau vaincu de peu par Rapiah Banda, et des violences post-électorales éclatent de nouveau.
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