Le "Musée des arts derniers" à Paris présente la première rétrospective de l'artiste d'origine sud-africaine Bruce Clarke, longtemps engagé dans la lutte anti-apartheid.
Dans son exposition "Who is afraid?" ("Qui a peur ?"), Bruce Clarke frappe avec ses portraits d'Africains anonymes, de foules, de boxeurs, peints en acryclique ou aquarelle par collages successifs sur des morceaux déchirés de journaux francophones ou anglophones.Comme des cicatrices.
"Je cherche à marier esthétique et engagement mais sans propagande (...) sans agresser", explique à l'AFP cet artiste de 53 ans, ayant grandi en Grande-Bretagne de parents sud-africains, et vivant désormais près de Paris.
"L'histoire n'est qu'une série de dominations orchestrées par une minorité au détriment d'une vaste majorité", note-t-il.
Plusieurs oeuvres portent sur le combat oublié du boxeur américain Jack Johnson, champion du monde poids lourds, qui se vit interdire de défendre son titre au début du 20e siècle aux Etats-Unis, parce qu'il était noir !
"Border patrol" présente trois femmes inquiètes sur fond bleu, la toile évoque des clandestins en route vers un pays européen.
Dans le catalogue, l'écrivain franco-congolais Alain Mabanckou décrit Bruce Clarke comme "un artiste aux aguets de l'Histoire".
Le Musée des Arts derniers dans le quartier du Marais se veut tourné vers la création africaine contemporaine, par opposition aux "Arts premiers" ou "primitifs" généralement évoqués quand on parle d'art africain, explique Olivier Sultan, fondateur et directeur de la galerie.
Selon lui, Clarke est "plutôt sans illusion (...) Ses oeuvres appellent à une réappropriation pour chacun de sa responsabilité critique, de sa vision, de sa citoyenneté".
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