Une Américaine prise au piège dans une mosquée à Syrte

Infos. ...

SYRTE (Libye) (AFP) - (AFP)

Elle est américaine, a grandi dans l'Illinois, elle est enceinte de trois mois et ne comprend pas très bien comment elle s'est retrouvée piégée, avec son mari libyen, dans une mosquée en plein sur la ligne de front à Syrte, la ville d'origine de Mouammar Kadhafi.

"Je veux juste sortir d'ici, c'est dangereux", dit elle alors que l'Otan bombardait dimanche cette ville-symbole que les combattants du nouveau régime tentent de prendre depuis des jours.

Des combats de rue ont débuté samedi et se poursuivaient dimanche à l'entrée est de la ville, mais à l'ouest les combattants du Conseil national de transition (CNT) ont reculé, à une centaine de mètres de la mosquée où environ 150 personnes ont trouvé refuge, jusqu'à un pont.

Selon l'Américaine, qui n'a pas souhaité que son nom soit publié, son groupe avait quitté la ville de Taouarga -où elle vivait avec son mari et ses trois enfants- en mars pour échapper aux bombardements de l'Otan.

Les habitants de Taouarga avaient été accusés par ceux de la ville voisine de Misrata (environ 20 km au nord) d'avoir joué un rôle dans le siège qui leur avait été imposé par les troupes pro-Kadhafi pendant un mois et demi et ayant fait quelque 1.400 morts.

Alors que les rebelles avançaient vers Syrte à la fin de l'été, les derniers habitants de Taouarga ont fui.Beaucoup de gens à Misrata affirment qu'ils ne permettront jamais à ceux de Taouarga de revenir les accusant d'avoir commis des viols et des meurtres.

Taouarga est la seule ville de la côte libyenne où la plupart des habitants ont la peau noire.

C'est maintenant une ville fantôme, ses 25.000 habitants se sont dispersés dans tout le pays et redoutent des actes de vengeance de la part des combattants pro-CNT qui affirment contrôler quasiment tout le pays à l'exception de Syrte (360 km à l'est de Tripoli) et de Bani Walid (170 km au sud-est de Tripoli).

Dans la moquée de l'imam Malik, la femme américaine est l'une des rares personnes ayant la peau claire.Elle s'y cache maintenant depuis une semaine après avoir passé un mois dans la ville.

Les hommes dorment et discutent dans la mosquée même tandis que femmes et enfants sont entassés dans un petit bâtiment du complexe.

Selon l'Américaine, son père était libyen et elle a rencontré son mari aux Etats-Unis où il travaillait comme ouvrier.Ils avaient décidé de s'installer en Libye dans sa ville d'origine Taouarga.

Quand il ont fui leur maison ils n'ont pris que le strict minimum, mais ont oublié leurs passeports américains.

Ils n'ont qu'une toute petite chance de les retrouver alors que la plupart des maisons ont été pillées, et en plus il est dangereux d'y retourner.

La femme semble ne savoir que très peu de choses sur ce qui s'est passé en Libye depuis le début à la mi-février de la révolte contre le régime de Mouammar Kadhafi.Elle se montre sceptique quand on lui explique que le CNT est maintenant au pouvoir dans la capitale Tripoli.

Les combattants -tous de Misrata- leur apportent de l'eau et des provisions.Des ambulances stationnent sous le pont, dans l'attente de transporter les blessés vers l'hôpital de campagne.

"Les thowars (combattants pro-CNT) nous traitent bien", dit-elle.

Avec son mari, ils voudraient pouvoir se rendre dans le sud de la Libye pour y retrouver des parents, mais n'ont aucune idée comment s'y rendre.

Dernière porte de sortie: aller aux Etats-Unis pour y attendre que la situation se soit stabilisée en Libye avant de revenir un jour à Taouarga.

"Quand la paix et la tranquillité seront de retour, nous reviendrons", dit-elle.

Newsletter

Restez informé ! Recevez des alertes pour être au courant de toutes les dernières actualités.
Réagir à cet article

L'espace des commentaires est ouvert aux inscrits.
Connectez-vous ou créez un compte pour pouvoir commenter cet article.

En direct
Les rendez-vous santé
Nos applications
Facebook
Twitter
Instagram
Une Américaine prise au piège dans une mosquée à Syrte