Une Française a été enlevée dans la nuit de vendredi à samedi en face de la très touristique île de Lamu, dans l'est du Kenya, deuxième ressortissante étrangère à être kidnappée en moins d'un mois dans les environs, proches de la frontière somalienne.
Le gouvernement kényan soupçonne les rebelles islamistes shebab somaliens d'être derrière l'enlèvement de la Française, a-t-il indiqué samedi dans un communiqué.
Selon le gouvernement, la femme a été enlevée "dans sa propre maison par dix bandits somaliens lourdement armés soupçonnés d'être des agents des shebab de Ras Kamboni en Somalie, près de la frontière kényane."
Les autorités kényanes affirmaient également samedi avoir localisé le bateau des ravisseurs, que les garde-côtes encerclaient."Un hélicoptère de l'armée survole aussi le bateau," a ajouté le ministre kényan du Tourisme, Najib Balala, joint par téléphone.
Un responsable de la police côtière, Ernest Munyi, avait un peu plus tôt indiqué que les forces de l'ordre soupçonnaient les ravisseurs d'avoir pris la direction de la Somalie."Nous essayons encore de déterminer si le gang était (un groupe, NDLR) de pirates somaliens, de (rebelles islamistes somaliens, NDLR) shebab ou un gang ordinaire," avait-il ajouté.
L'enlèvement a été confirmé par le ministère français des Affaires étrangères, qui déconseille désormais tout séjour à Lamu.
Selon des témoignages, l'agression est intervenue vers trois heures du matin (00H00 GMT) sur l'île de Manda, juste en face du village de Shela, qui abrite, sur l'île de Lamu, des résidences secondaires de riches ressortissants étrangers.
D'après M. Munyi, les agresseurs -- une dizaine d'hommes armés -- ont forcé un employé de la Française à les conduire chez sa patronne.
"Nous avons tous été réveillés en sursaut parce qu'il y a eu des coups de feu," a expliqué un témoin, Jeremiah Kiptoon."Les chiens aboyaient et des gens criaient (...) J'ai couru à l'endroit où ça s'était passé, mais quand je suis arrivé, la femme était déjà partie."
La Française de 66 ans, qui avait l'habitude de passer une bonne partie de l'année sur l'archipel de Lamu, a une mobilité très réduite et se déplace dans un fauteuil roulant que les ravisseurs n'auraient pas pris, selon des sources concordantes.
A Paris, le porte-parole du quai d'Orsay a précisé qu'il s'agissait d'une retraitée, vivant au Kenya depuis une quinzaine d'années, et qui revenait "de temps en temps" en France où elle a de la famille.
Son enlèvement intervient moins d'un mois après celui d'une touriste britannique, Judith Tebbutt, à une cinquantaine de kilomètres plus au nord.
Cette dernière avait aussi été attaquée en pleine nuit, alors qu'elle se trouvait avec son époux dans un bungalow d'un hôtel de luxe, le Kiwayu safari village.Elle aurait été emmenée en Somalie par des pirates.Son mari avait été tué dans l'agression.
Aucune revendication ni demande de rançon n'a été rendue publique.
Située à l'entrée de l'Océan indien, où les actes de pirateries se sont multipliés ces dernières années, Lamu est aussi proche du sud somalien, largement contrôlé par les insurgés islamistes shebab.
Le site était malgré tout, jusqu'ici du moins, l'une des destinations touristiques les plus prisées du Kenya.
Le mois dernier, les professionnels du tourisme s'inquiétaient déjà des conséquences de l'agression du couple britannique.
Le nouvel incident risque de porter un coup d'autant plus dur à l'île qu'il est intervenu à deux pas de Lamu même.
Après l'enlèvement de la Britannique et le meurtre de son mari, les Affaires étrangères françaises avaient "fortement recommandé de faire preuve de la plus grande prudence s'agissant du séjour dans les hôtels et complexes touristiques isolés disposant d'un accès direct à la mer, à Lamu et dans ses environs".
Elles ont actualisé leurs recommandations samedi sur leur site internet, pour "formellement déconseiller de séjourner dans l'archipel de Lamu et dans sa région --à proximité de la frontière somalienne."
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