Au moins 57 personnes ont été tuées mardi dans un attentat suicide au camion piégé contre un complexe ministériel à Mogadiscio, l'attentat le plus meurtrier des dernières années dans la capitale, et le premier revendiqué par les islamistes shebab depuis leur retrait de la ville il y a deux mois.
"Le nombre de personnes tuées est de 57, et 34 autres sont portées disparues", a indiqué à l'AFP un responsable policier à Mogadiscio sous couvert de l'anonymat.
"Nous craignons que le nombre de morts soit plus élevé car les personnes portées disparues peuvent déjà être mortes", a-t-il ajouté.
C'est le premier attentat à Mogadiscio depuis que les shebab ont été contraints début août de quitter la ville face à une offensive des troupes pro-gouvernementales soutenues par une force de l'Union africaine (Amisom).
"L'attaque a été menée avec un camion rempli d'explosifs", a raconté un témoin, Ahmed Mohamed, fonctionnaire au ministère de la Santé, un des ministères hébergés dans le bâtiment.
"Un véhicule chargé d'explosifs est entré dans l'enceinte" du bâtiment et a explosé, a confirmé à l'AFP Mohamud Abdullahi, un chauffeur de taxi.
L'attaque suicide a visé un bâtiment qui abrite au moins quatre ministères, à un embranchement connu sous le nom de "K4" ("Kilomètre 4"), un des principaux carrefours de la ville qui mène à l'aéroport où est installé une force de l'Union africaine (Amisom).
Le complexe ministériel a été gravement endommagé, et plusieurs voitures stationnées à proximité ont pris feu.De nombreux cadavres, sur lesquels avaient été jetés des draps blancs, jonchaient les lieux après l'explosion, a constaté un photographe de l'AFP.
-- "une scène de la deuxième guerre mondiale" --
"Cela ressemble à une scène de la deuxième guerre mondiale.C'était totalement dévasté", a commenté à l'AFP Abdullahi Aptidon, un habitant du quartier.
"J'ai d'abord pensé à une mine, mais la puissance de l'explosion m'a fait comprendre que c'était autre chose.C'est la pire tragédie depuis le début de la guerre civile en 1991", a commenté Mursal Mohamed, un chauffeur routier.
Les shebab ont revendiqué très rapidement l'attentat."Un de nos moudjahidine (combattants) s'est sacrifié pour tuer des responsables du gouvernement fédéral de transition, des soldats de l'Union africaine et des informateurs qui se trouvaient dans l'enceinte" du bâtiment visé, a déclaré au téléphone à l'AFP un responsable shebab, qui n'a pas dévoilé son identité.
Les précédents attentats meurtriers à Mogadiscio avaient fait 21 morts au siège de l'Amisom en septembre 2009, et 33 morts en août 2010.Les shebab ont également revendiqué un double attentat qui avait fait 76 morts en juillet 2010 dans la capitale ougandaise Kampala.
L'attentat de mardi a fait parmi les victimes de nombreux étudiants et leurs parents qui attendaient les résultats d'examens, a indiqué le gouvernement somalien.Ces examens visaient à octroyer aux lauréats des bourses d'études en Turquie.
"L'attaque montre que le danger constitué par les terroristes n'est pas encore éliminé, et qu'il reste des gens qui veulent faire dérailler les avancées faites par le peuple somalien vers la paix", a réagi le gouvernement somalien.
Contraints ces derniers mois de se retirer de Mogadiscio et de plusieurs localités du sud de la Somalie, les insurgés somaliens ont lancé quelques contre attaques ces derniers jours, prenant très brièvement le contrôle des villes de Dhobley (sud, à la frontière avec le Kenya) et de Dhusamareb (centre).
Les shebab combattent depuis plus de quatre ans un gouvernement de transition, dirigé par le président Sharif Cheikh Ahmed, qui n'arrive à imposer ni son autorité ni sa légitimité en dépit du soutien massif de la communauté internationale.
Envie d'afficher votre publicité ?
Contactez-nousEnvie d'afficher votre publicité ?
Contactez-nous
L'espace des commentaires est ouvert aux inscrits.
Connectez-vous ou créez un compte pour pouvoir commenter cet article.