La francophonie est-elle un bastion assiégé ? La langue française, autrefois langue de la diplomatie mondiale, langue de culture et pour certains langue de liberté et des droits de l'homme est-elle en perte de vitesse dans un monde où l'anglais se taille la part du lion et où l'espagnol et le portugais font figure de challenger ? Un monde où le chinois est parlé par un cinquième de la population mondiale. Et puis, à quoi bon apprendre le français lorsque le durcissement des lois sur l'immigration empêche nombre de ses locuteurs d'accéder à un emploi dans l'hexagone alors même que de nombreux pays anglophones offrent eux des possibilités ? C'est à ce genre de questions que devront répondre les participants du prochain forum mondial de la langue française et qui se déroulera au Québec du 2 au 6 juillet prochain. Et pour nous présenter ce Forum à la conférence de presse de ce mercredi 05 octobre, deux grands (enfin surtout un) francophones. J'ai nommé Messieurs Jean Charest, premier ministre du Québec et Abdou Diouf, Secrétaire général de la Francophonie. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que ces deux là sont de très bons ambassadeurs de la cause. On retiendra notamment que pour eux, le français est non pas une langue d'histoire, mais une langue d'avenir. Que celle-ci est portée par la jeunesse qui doit être un acteur majeur de son développement. Que si l'anglais tend à devenir la langue véhiculaire mondiale, le français reste la langue de la précision. Que les pays africains et certains pays d'Amérique latine font la francophonie d'aujourd'hui. Enfin, last but not least, qu'il y a un vrai désir de francophonie dans de nombreux pays et même dans des pays anglophones. Présent également à la conférence Michel Audet, le commissaire général du futur Forum. Complètement « Jet lag », selon les mots même du président Abdou Diouf, il a néanmoins pris le temps de répondre à notre question. Qu'est ce qui peut convaincre les jeunes de se tourner plus vers le français plutôt que l'anglais aujourd'hui ? Réponse en vidéo : Anecdote A propos d'histoire, celle-ci peut aisément faire comprendre en quoi le français reste nécessaire à la diplomatie. Après la guerre des six jours de 1967, l'Etat d'Israël conserve les territoires conquis sur ses voisins arabes. Cette même année les Nations Unis vont voter la Résolution 242. Celle-ci est rédigée en anglais et en français comme l'exigent les canons diplomatiques. La version française indique qu'Israël doit se retirer « des territoires occupés ». Ce qui ne porte pas à équivoque. Mais dans la version anglaise, il est écrit « from occupied territories » ; ce qui peut se traduire par « des territoires occupés » ou par « de territoires occupés » qui enlève dès lors le caractère exhaustif de la demande. On voit où ce genre d'imprécisions peut mener dans ces conditions.Liens et documents :http://www.forumfrancophonie2012.org/http://www.francophonie.org/Discours-de-M-Abdou-Diouf-Paris-le,35853.htmlMatthieu JEAN
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