Deux chefs islamistes ont pressé la population algérienne de demander la fermeture des débits de boissons alcoolisées, affirmant que leur consommation détruit la jeunesse et les valeurs religieuses, dans un tract dont l'AFP a obtenu une copie mercredi.
"Nous soutenons et encourageons les comités de quartiers à envoyer aux autorités davantage de pétitions et protestations signées par la population pour la fermeture des débits de boissons alcoolisées, interdites dans la religion du prophète Mahomet", lit-on dans ce tract signé par un ancien dirigeant du Front islamique du salut (FIS - dissous), El Hachemi Sahnouni, et un membre de la Renaissance des enfants des mosquées d'Alger (une mouvance salafiste), Abdelfetah Ziraoui Hamadache.
"Ces débits ont détruits nos jeunes et les valeurs islamiques.Ils ont envenimé la vie des quartiers et des familles qui se plaignent matin, midi et soir des soûlards criminels", disent-ils.
Le quotidien libéral El Watan avait accusé mercredi l'ex-responsable du FIS dissous en 1992, de créer par de tels appels la Fitna (division entre musulmans) par "une incitation à la violence, à la haine, à l'intolérance et, plus dangereux encore, à dresser des Algériens les uns contre les autres.Un véritable appel à la Fitna", selon le journal francophone.
Contacté par l'AFP, El Hachemi Sahnouni a récusé cette accusation."Je me demande où est la Fitna.Les citoyens se plaignent des jeunes qui viennent se soûler le soir devant chez eux et qui se disputent ensuite en proférant des insanités", s'est-il exclamé.
"Je ne parle pas des bars légaux et de la consommation d'alcool à l'intérieur.Je parle de ceux qui ramènent l'alcool dans les quartiers et le consomment dans la rue", a-t-il dit.
En mai, le frère d'un négociant en boissons alcoolisées d'Oum el Bouaghi (sud de Constantine, à quelque 500 km à l'est d'Alger), a été tué lors d'une rixe avec les habitants.
Il y a un peu plus d'un mois, un jeune a été poignardé à mort lors d'une bagarre de délinquants ivres dans le port touristique d'El Djamila (plus connu sous son ex-nom français de La Madrague), dans la banlieue ouest d'Alger.La population avait pressé la mairie de fermer les débits d'alcool, dont une partie opère clandestinement.
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