Attentat à Marrakech: la partie civile ne demande pas la peine de mort

Infos. ...

SAL�? (Maroc) (AFP) - (AFP)

Les avocats des parties civiles de l'attentat à la bombe de Marrackech qui a fait 17 morts --dont huit Français-- en avril dernier ont réclamé jeudi la perpétuité plutôt que la peine capitale contre ses auteurs, devant le tribunal anti-terroriste de Salé, près de Rabat.

"Les preuves (de la culpabilité des suspects, NDRL) sont établies et les familles des victimes demandent des peines de prison maximales, à l'exception de la peine de mort", a affirmé Me Omar Abou Zohor, un des avocats des parties civiles à la reprise du procès.

Le principal accusé, le Marocain Adil Al-Atmani, et ses huit complices, risquaient théoriquement la peine capitale.

Toujours inscrite dans le code pénal --mais en voie d'être formellement supprimée --la peine de mort n'est plus appliquée au Maroc depuis 1992, en dépits des attentats qui frappent épisodiquement cette monarchie visée par Al-Qaida et les groupes islamistes.

La nouvelle constitution votée en juillet prévoit pour la première fois explicitement le "droit à la vie".

Me Frank Berpon, l'avocat français de la famille de Wally dont plusieurs membres ont été fauchés dans cet attentat a également demandé à la cour que les accusés ne soient pas condamnés à mort.

"Protégez la démocratie marocaine, ne les condamnez pas à mort car ils veulent montrer qu'ils sont morts en martyrs.Ne leur offrez pas cette occasion.La lâcheté mérite la prison à perpétuité.Il faut qu'ils finissent dans l'oubli", a-t-il demandé aux juges du tribunal anti-terroriste.

Dans une intervention émouvante, l'avocat du barreau de Lille a évoqué le sort de cette famille du nord de la France frappée : la petite Camilla agée de 10 ans est décédée dans l'attentat, sa soeur Sophie a été blessée et leur père Patrick a été amputé d'une jambe et hospitalisé dans un hopital de Lille.

La mère Isabelle et deux de ses enfants étaient présents jeudi aux premiers rangs dans la salle d'audience aux côtés des autres membres des familles françaises.A l'arrière de la salle avaient pris place les proches des neuf suspects regroupés dans le box en verre des accusés.

"Camille au visage d'ange a été liquidée sans pitié", a lancé l'avocat de cette famille du nord de la France.

Citant l'écrivain français Albert Camus, il a lancé: "L'humanité est morte" le 28 avril à Marrakech.Et reprenant une sourate du Coran, il a cité: "Ne tuez jamais injustement.Allah vous l'interdit".

La séance a ensuite été reportée au 20 octobre afin de permettre aux avocats de poursuivre leurs plaidoiries.

Selon l'acte d'accusation, les prévenus sont accusés d'avoir "porté gravement atteinte à l'ordre public, assassinat avec préméditation (..) et appartenance à un groupe religieux interdit".

Le début de cette troisième audience a été entièrement consacré aux plaidoiries, les avocats des parties civiles présentant demandes pour "les graves dommages causés aux victimes, y compris la vingtaine de blessés qui souffrent énormément, pyschologiquement et physiquement de cet attentat".

Lors de la séance de jeudi dernier, les suspects avaient nié leur participation à l'attentat.

Le principal accusé, le Marocain Adil Al-Atmani, avait reconnu les faits devant un juge d'instruction, quelques jours après l'attentat, avant de se rétracter quelques mois plus tard lors de la première audience en proclamant son "innocence".

Un des accusés, Mohamed Njim, le seul à comparaître librement, a néanmoins reconnu lors de l'audience qu'Al-Atmani lui avait "un jour fait part de son intention d'aller en Tchétchénie pour y accomplir le Jihad".

Newsletter

Restez informé ! Recevez des alertes pour être au courant de toutes les dernières actualités.
Réagir à cet article

L'espace des commentaires est ouvert aux inscrits.
Connectez-vous ou créez un compte pour pouvoir commenter cet article.

En direct
Les rendez-vous santé
Nos applications
Facebook
Twitter
Instagram
Attentat à Marrakech: la partie civile ne demande pas la peine de mort