L'attribution vendredi du prix Nobel de la paix à deux Libériennes, la présidente Ellen Johnson et la militante Leymah Gbowee, et à une Yéménite, Tawakkol Karman, a été largement saluée comme une victoire pour les femmes, pour l'Afrique et pour le monde arabe
La chancelière allemande Angela Merkel a félicité les trois lauréates, saluant notamment Tawakkol Karman "qui se trouve encore dans une situation où elle ne peut pas encore jouir de la liberté".
Cette attribution "est un très bon signal" qui devrait encourager les autres militants de la paix et des droits des femmes, a ajouté lors d'une conférence de presse Mme Merkel.
Le président français Nicolas Sarkozy a salué trois femmes d'"exception", son ministre des Affaires étrangères Alain Juppé jugeant que "le combat de ces trois femmes exemplaires constitue un message d'espoir pour les peuples africains et arabes".Et de saluer "toutes les femmes dans le monde qui s'engagent résolument pour l'avenir de leurs peuples".
Le chef historique du syndicat polonais Solidarité, Lech Walesa, lui-même prix Nobel de la paix en 1983, a estimé que cette distinction "sera un encouragement à agir, tant pour les trois lauréates que pour les autres habitants d'Afrique et de pays arabes".
"Les femmes des pays arabes seront en particulier encouragées dans la lutte pour leurs droits, et il reste beaucoup à faire.La démocratie ne se construit pas en un jour", a ajouté Lech Walesa, ex-président polonais (2001-2005), joint par l'AFP.
La Yéménite Tawakkol Karman, se disant "heureuse et surprise" de l'avoir obtenu, a elle-même dédié son prix aux militants du "Printemps arabe"
"Il s'agit d'un honneur pour tous les Arabes, les musulmans et les femmes", a déclaré la jeune femme.
Interrogée sur la Place du changement à Sanaa où les contestataires campent depuis février, la jeune femme a dit à l'AFP que son prix Nobel était "une victoire pour la révolution" au Yémen et pour son "caractère pacifique" face au régime du président Ali Abdallah Saleh.
Les cybermilitants égyptiens Waël Ghonim et Esraa Abdel Fattah, autres vedettes du "printemps arabe" et dont les noms avaient circulé pour ce prix Nobel de la paix, ont félicité la Yéménite pour sa "victoire méritée".
"Notre vrai prix à tous, c'est que nos pays soient plus démocratiques et plus respectueux des droits de l'Homme", a écrit Waël Ghonim sur son compte Twitter.
"Félicitations à Tawakkol et aux femmes arabes pour leur victoire au Nobel de la paix", a de son côté écrit Esraa Abdel Fattah, toujours sur Twitter.
La Libérienne Leymah Gbowee a estimé que son prix était "pour les femmes en général, mais particulièrement pour les femmes en Afrique", dans un entretien téléphonique avec l'AFP depuis New York.
En revanche, la co-attribution à la présidente libérienne Ellen Johnson Sirleaf, candidate à sa réélection, ne fait pas que des heureux.
Les protestations d'un concurrent de Mme Johnson au scrutin présidentiel de la semaine prochaine, ont jeté une ombre sur la belle unanimité devant la récompense décernée pour la première fois à trois femmes, dont, autre fait sans précédent, une femme arabe,
Si la lauréate elle-même a déclaré vendredi à Monrovia que "c'est un prix pour tout le peuple libérien", "un prix partagé" avec sa compatriote pacifiste Leymah Gbowee, et donc "un prix pour toutes les femmes libériennes", son principal adversaire à la présidentielle de mardi, Winston Tubman, s'en est carrément indigné.
"Mme Sirleaf ne mérite pas un prix Nobel de la paix, parce qu'elle a commis de la violence dans ce pays.Ce prix est inacceptable et non mérité", a affirmé par téléphone à l'AFP M. Tubman, dirigeant du Congrès pour le changement démocratique (CDC).
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