Liberia: des prix Nobel au coeur des animations de fin de campagne électorale

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MONROVIA (AFP) - (AFP)

 Le Liberia était en proie à une joyeuse fièvre dimanche, dernier jour de campagne pour les présidentielle et parlementaires avec, au coeur des animations, les co-lauréates du prix Nobel de la paix Leymah Gbowee et Ellen Johnson Sirleaf, présidente sortante en quête d'un 2e mandat.

Mme Gbowee, 39 ans, et Mme Sirleaf, 72 ans, qui ont été distinguées par le comité Nobel en même temps que la Yéménite Tawakkol Karman, ont été fêtées par leurs sympathisants lors de manifestations séparées à Monrovia.

La capitale a résonné toute la journée de concerts d'avertisseurs, chants et clameurs de militants surexcités, dansant pour certains, juchés sur des véhicules pour d'autres, sous l'oeil de la police et des forces de la Mission des Nations unies au Liberia (Minul, quelque 8.000 hommes) déployées à Monrovia et dans les provinces pour sécuriser les élections du président, des députés et des sénateurs de ce pays traumatisé par deux guerres civiles de 1989 à 2003.

Arrivée dimanche en milieu de journée du Ghana où elle réside habituellement, Leymah Gbowee a été chaleureusement accueillie à l'aéroport international de Robertsville, près de Monrovia.Elle a ensuite rejoint des femmes du mouvement qu'elle a co-fondé, rassemblées sur un terrain pelé de la capitale, de blanc vêtues et toutes religions confondues, priant pour la paix.

Elle a prôné la non-violence à 48 heures du rendez-vous aux urnes pour près de 1,8 million de Libériens, huit ans après la fin des guerres civiles qui ont fait 250.000 morts et des centaines de milliers de blessés.

Dans un entretien à l'AFP et à Radio France Internationale (RFI), elle s'est déclaré ouvertement en faveur de Mme Sirleaf, devenue en 2005 la première femme élue chef d'Etat en Afrique: "Je dis toujours aux gens que dans mon travail, je promeus l'implication des femmes en politique.Si je soutiens quelqu'un d'autre qu'une femme, ce serait de l'hypocrisie", a-t-elle dit.

 Les deux Libériennes prix Nobel se sont chaleureusement saluées lorsque Mme Sirleaf, de retour d'un meeting, s'est arrêtée pour saluer et remercier les femmes en blanc qui ont contribué à mettre fin au conflit, notamment par des prières, marches et une grève du sexe.

Auparavant, devant ses sympathisants qui l'ont fêtée dans un stade de Monrovia, Mme Sirleaf avait défendu son bilan et appelé les électeurs à lui accorder un second mandat.

"En six ans, on ne peut pas reconstruire un pays ravagé", a déclaré à l'AFP en marge du meeting la présidente, chapeau vert, T-shirt et écharpe du Parti de l'unité (PU, sa formation).

"Ce pays a été totalement détruit.Les institutions ne marchaient pas, les infrastructures étaient détruites, il n'y avait pas de loi.Il nous a donc fallu du temps pour reconstruire, et nous avons fait beaucoup de progrès.C'est pourquoi nous avons obtenu la reconnaissance de la communauté internationale et de la majorité de la population libérienne", a-t-elle affirmé."La vie a changé pour beaucoup de gens, mais pas pour tout le monde.Nous avons encore des choses à réaliser".

Ellen Johnson Sirleaf est plus appréciée à l'étranger que dans son pays, qu'elle a, notamment, tenté de reconstruire avec l'appui des bailleurs de fonds internationaux.Mais elle n'arrive pas à se départir des critiques sur le soutien financier qu'elle avait apporté au début des années 1990 au chef de guerre Charles Taylor, devenu président (1997-2003), à qui elle s'est ensuite opposée.

Winston Tubman, 70 ans, en lice pour le Congrès pour le changement démocratique (CDC, opposition), le plus sérieux parmi les 15 autres candidats face à Mme Sirleaf, lui reproche particulièrement son échec pour la réconciliation.

"Ce que la présidente aurait pu faire est d'essayer d'unifier le pays, panser les plaies, présenter des excuses, exprimer un remords pour ce qui s'est passé", mais il n'en a rien été, a estimé M. Tubman dans un entretien avec l'AFP samedi.

Pour lui, la stabilité et la paix actuelles au Liberia ne sont pas attribuables à Mme Sirleaf mais à "la présence internationale et l'énorme et coûteuse force de l'ONU" déployée dans le pays.

M. Tubman est soutenu par la formation de M. Taylor (Parti patriotique national, NPP), qui avait appuyé Mme Sirleaf en 2005.

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