Le soulagement était de mise mercredi au Liberia au lendemain de scrutins présidentiel et parlementaire auxquels les électeurs ont participé massivement et sans violences, signe de leur détermination à ne plus revivre les guerres civiles qui ont ensanglanté leur pays de 1989 à 2003.
Au centre de l'attention, la présidentielle entre deux grands rivaux: Ellen Johnson Sirleaf, 72 ans, première présidente élue d'Afrique en 2005 et récent prix Nobel de la paix, et Winston Tubman, 70 ans, soutenu par le très populaire George Weah, ex-star du football international.
James Fromayan, président de la Commission électorale nationale (NEC) ayant organisé les scrutins - ceux de 2005 l'avaient été par l'ONU -, s'est réjoui du caractère pacifique d'élections qui permettent à son pays d'atteindre "une nouvelle dimension", les Libériens ayant choisi "l'urne contre le fusil".
D'après M. Fromayan, de premiers résultats provisoires seront connus à partir de jeudi pour la présidentielle, les législatives (73 députés à renouveler) et les sénatoriales partielles (15 sénateurs sur 30).Les résultats définitifs sont attendus le 26 octobre.
Quiconque "tenterait de perturber ou de s'ingérer dans le décompte (des voix) sur les lieux de vote sera arrêtée et poursuivie conformément à la loi", a-t-il prévenu.
Le résultat le plus attendu est celui de la présidentielle qui opposait 16 candidats.
Quatre jours avant le scrutin, Mme Johnson Sirleaf avait reçu le prix Nobel de la paix.Une récompense vivement critiquée par M. Tubman qui l'a qualifiée "d'inacceptable" et "non méritée", jugeant "provocateur" qu'elle lui ait été donnée juste avant les élections.
Winston Tubman et d'autres opposants reprochent à la présidente sortante d'avoir soutenu financièrement l'ex-chef de guerre Charles Taylor au moment de son ascension, au début des années 1990, et de pas avoir suffisamment oeuvré en faveur de la réconciliation nationale.
Le chef de la commission électorale n'a pas donné de chiffre de participation, mais dès mardi, au regard de la mobilisation constatée, son porte-parole avait prévu que son taux serait "impressionnant".
Tout au long de la journée, en dépit de fortes averses sur Monrovia, de longues files se sont formées sans incidents devant les bureaux de vote, signe de l'engouement pour ces élections auprès des quelque 1,8 million de personnes appelées à voter.
De nombreux électeurs ont souligné que, plus jamais, ils ne voulaient connaître les guerres civiles qui ont fait quelque 250.000 morts en 14 ans, des centaines de milliers de blessés et détruit l'économie du Liberia, pays de 4,1 millions d'habitants.
La participation et l'absence de violences ont été unanimement saluées par les nombreux observateurs internationaux présents, dont ceux de l'Union africaine (UA).Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a rendu hommage au "peuple du Liberia qui a exercé son droit de vote dans le calme et de manière pacifique".
Toutefois, la vigilance des 8.000 hommes de la Mission des Nations unies au Liberia (Minul) ne faiblit pas."Nous travaillons encore sur la sécurité avec la police nationale du Liberia, pour faire en sorte que le reste du processus se passe calmement", a déclaré Yasmina Bouziane, porte-parole de l'ONU.
L'ONU s'était en particulier inquiétée de l'attitude de mercenaires libériens et ivoiriens ayant combattu en Côte d'Ivoire lors du conflit qui a suivi le second tour de la présidentielle de novembre 2010 dans ce pays voisin, et qui sont rentrés au Liberia avec des armes.
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