Violences en Egypte: le pape demande aux autorités de protéger les coptes

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CITE DU VATICAN (Saint-Siège) (AFP) - (AFP)

Benoît XVI a demandé mercredi aux "autorités égyptiennes, civiles et religieuses" de protéger la minorité copte après les affrontements de dimanche qui renforcent l'inquiétude du Vatican pour les chrétiens dans le monde arabe.

Face aux "tentatives pour saboter la coexistence pacifique", il "est essentiel de la sauvegarder", surtout "en cette phase de transition", a déclaré le souverain pontife dans une référence aux islamistes salafistes, lors de l'audience générale sur la place Saint-Pierre.

En s'adressant aux autorités de transition et aux dignitaires religieux --ceux de l'Eglise copte mais surtout les puissantes autorités sunnites de l'université Al-Azhar-- et en saluant leurs "efforts", le pape a reconnu que tout passe par un accord loyal entre eux pour assurer efficacement la sécurité des coptes.

C'était la première fois que le pape réagissait à ces affrontements qui ont fait 25 morts dont au moins 17 coptes dimanche au Caire.

Dans une première réaction lundi, le préfet de la Congrégation pour les Eglises orientales, le cardinal Leonardo Sandri, avait souligné la "responsabilité" incombant à "l'autorité nationale" pour la sécurité de tous, tout en se disant conscient des "nombreux obstacles et difficultés" qu'elle rencontre.

Les Coptes, à 90% orthodoxes, qui représentent de 6 à 10% des 80 millions d'Egyptiens et qui forment une partie de la bourgeoisie cultivée, s'estiment discriminés dans la société et de plus en plus intimidés par des groupes salafistes.

Selon une ONG copte, l'Union égyptienne des droits de l'homme, près de 100.000 Coptes ont quitté l'Egypte depuis mars, après la chute d'Hosni Moubarak.Selon cette étude, dont les chiffres sont cependant jugés exagérés par des observateurs égyptiens, les menaces des salafistes, la marginalisation, les assassinats ciblés, les Eglises attaquées les poussent à émigrer.

Le message pontifical est formulé de manière à ne pas heurter les autorités politiques et sunnites, à un mois de demi des premières élections depuis la chute d'Hosni Moubarak en février.

Le fait que les circonstances des troubles ne soient encore bien établies, l'armée démentant avoir fait tirer sur les protestataires, incite aussi le Vatican à la prudence.

Les relations du Saint-Siège avec Al-Azhar étaient au point mort après la réaction de Benoît XVI à l'attentat du Nouvel an contre une église copte d'Alexandrie (21 morts).Il avait alors souligné l'"urgente nécessité" d'adopter "des mesures efficaces pour la protection des minorités religieuses".

Al-Azhar avait réagi en fustigeant "les attaques répétées du pape contre l'islam".

Fin septembre, dans son discours devant l'ONU, le "ministre des Affaires étrangères" du pape, Dominique Mamberti, avait observé que "les chrétiens sont le groupe religieux qui subit le plus grand nombre de persécutions".

Il avait recommandé "un dialogue interreligieux sincère, promu et mis en oeuvre par les représentants des différentes confessions et appuyé par les gouvernements et les instances internationales".

Benoît XVI espère obtenir un engagement explicite à la paix confessionnelle et au respect de la foi de l'autre de la part des leaders religieux qu'il a invités le 27 octobre à la rencontre interreligieuse d'Assise.

De la Syrie à l'Egypte et à la Tunisie, le dialogue entre responsables musulmans et chrétiens est souvent entaché de soupçons, reconnaissent des sources vaticanes.Rome craint qu'un échec des révolutions arabes affaiblisse les positions des musulmans tolérants et renforce les extrémistes minoritaires très déterminés qui veulent pousser les chrétiens au départ.

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