Les combattants du nouveau pouvoir en Libye cernaient mercredi dans le centre de Syrte le tout dernier carré de fidèles du dirigeant déchu Mouammar Kadhafi, assurant qu'il était encore dirigé par plusieurs caciques de l'ancien régime.
Le Conseil national de transition (CNT), l'ex-rébellion qui a renversé le régime Kadhafi, attend désormais la chute de Syrte, à 360 km à l'est de Tripoli, pour proclamer la "libération totale" du pays et reprendre ses discussion en vue de former un gouvernement chargé de gérer la transition.
En fin de journée, des combattants du CNT célébraient la victoire à venir sur la place centrale de cette ville côtière, à bord de dizaines de véhicules, en klaxonnant et en tirant en l'air.
Beaucoup se sont retirés de la zone des combats pour passer la nuit dans les lotissements environnant."On les finira demain, c'est une affaire réglée", a déclaré un combattant.
De violents combats à l'arme automatique et aux roquettes anti-char ont fait rage dans l'après-midi à environ 2 km à l'ouest de la place centrale, faisant au moins 6 morts et des dizaines de blessés, selon un journaliste de l'AFP sur place.
Les combats sont concentrés autour d'une école où un groupe de pro-Kadhafi s'est réfugié.En fin d'après-midi, les combattants se sont éloignés de cette zone afin qu'elle puisse être bombardée à l'arme lourde.
Outre les environs de cette école, des combats ont aussi éclaté au nord-ouest de la place centrale, près du bord de mer.Des tirs sporadiques d'origine indéterminée résonnaient également dans la ville, dont les rues désertes et ravagées étaient sillonnées par des combattants pro-CNT.
"Toutes nos lignes sont maintenant en place, la zone est complètement cernée", a assuré dans la journée Zoubayr Bakoush, commandant du CNT."C'est la fin de l'histoire".
Venus de l'ouest, les combattants pro-CNT ont pris le Quartier Dollar, habité par des membres des tribus Kadhadfa, dont est issu Mouammar Kadhafi, et Warfala, connue pour son soutien au "Guide" déchu.Ils ont ratissé les bâtiments, en faisant des prisonniers, selon un journaliste de l'AFP.
Dans un jardin, un homme était à genoux, les mains liés dans le dos: "Il avait une arme et deux AK-47.Nous pensons qu'il vient de la salle de commandement pro-Kadhafi", a expliqué un pro-CNT, Ayoub Basina, alors que l'homme, interrogé avec agressivité, était jeté dans un camion.
Selon le commandant Zoubayr Bakoush, un des fils Kadhafi, Mouatassim, et plusieurs caciques de l'ancien régime -dont Aboubakr Younes, compagnon de la première heure de Mouammar Kadhafi et responsable du front de Syrte, ainsi qu'Ahmed Ibrahim, ex-ministre de l'Education- dirigent les opérations.
Mardi, le président du CNT, Moustapha Abdeljalil a fait une brève visite à Syrte pour soutenir ses troupes qui ont perdu plus de 80 hommes depuis vendredi dans la ville.
Sur le plan humanitaire, les combattants du CNT ont continué à évacuer des civils, mais leur nombre a fortement baissé.Human Rights Watch a appelé les belligérants à épargner les civils et demandé au CNT de transférer rapidement tous les prisonniers à Tripoli ou Benghazi afin d'éviter des représailles.
Outre Syrte, région d'origine de Mouammar Kadhafi resté près de 42 ans au pouvoir, les forces du CNT assiégeaient toujours l'oasis de Bani Walid, à 170 km au sud-ouest de Tripoli, qu'elles espéraient prendre dans le sillage de la chute de Syrte.
Le conflit en Libye, riche pays pétrolier, a débuté le 15 février par une révolte populaire contre le régime qui s'est transformée en guerre civile ayant fait plus de 25.000 morts, selon le CNT.
Recevant une délégation de 80 entreprises françaises à Tripoli, le ministre des Finances et du Pétrole du CNT, Ali Tarhouni, a déclaré qu'aucun nouveau contrat pétrolier ne serait conclu en Libye pendant la transition.
"Le seul gouvernement qui puisse accorder de nouvelles concessions pétrolières est un gouvernement élu et cela interviendra une fois que nous aurons une Constitution", a-t-il insisté.
Selon le président de la NOC (National Oil Corporation), Nouri Berruien, la production pétrolière, tombée presque à l'arrêt du fait des violences, est remontée à 400.000 barils par jour.Elle devrait atteindre 600.000 b/j fin 2011, et pourrait retrouver ses niveaux d'avant-guerre (entre 1,6 et 1,7 million de b/j) fin 2012.
Enfin, le ministre britannique de la Défense Liam Fox a annoncé que l'intervention militaire internationale en Libye coûterait 300 millions de livres (343 millions d'euros) au Royaume-Uni, qui a été avec la France en pointe dans les opérations.
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