La Haute instance chargée de piloter les réformes politiques et électorales de l'après Ben Ali clôture jeudi ses travaux, à dix jours de l'élection d'une assemblée constituante, un scrutin historique qui referme le premier chapitre de la révolution tunisienne.
C'est au palais du Bardo, à Tunis, que se tient dans la matinée sa dernière réunion, en présence du président intérimaire tunisien, Foued Mebazaa, et du Premier ministre Béji Caïd Essebsi.
Un important dispositif policier avait été déployé tôt jeudi autour du palais, où aucun rassemblement n'était toutefois prévu.Les voitures étaient systématiquement fouillées et les contrôles stricts à l'entrée du bâtiment, a constaté une journaliste de l'AFP.
Mise en place peu après le départ de Ben Ali, chassé le 14 janvier après 23 ans d'un règne sans partage, la commission a travaillé d'arrache-pied, dans un climat difficile.Une fois l'euphorie des premiers jours retombée, les autorités de transition ont dû gérer grogne sociale, flambées de violence et crise économique dans un climat de défiance entretenant lui-même l'instabilité.
La "Haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution, la réforme politique et la transition démocratique", indépendante de l'exécutif, n'a pas échappé aux critiques.
Créée fin février pour dessiner les contours des futures institutions de la Tunisie, elle est toutefois parvenue en neuf mois à doter la Tunisie d'un nouveau code électoral et établi des règles de financement des partis politiques. Surtout, la Haute instance, présidée par le juriste Yadh Ben Achour, est parvenue, malgré quelques couacs, à maintenir un dialogue ouvert avec toutes les formations politiques, généralement par consensus.
Elle a essentiellement bataillé avec les deux principales formations politiques, les islamistes d'Ennahda, donnés favoris pour le scrutin, et le Parti démocratique progressiste (PDP, centre-gauche).
Ennahda a plusieurs fois claqué la porte de la Haute instance, l'accusant de prendre des décisions sans consulter tous ses membres.Néjib Chebbi du PDP a souhaité la voir disparaître "le plus tôt possible", lui reprochant de se comporter "comme un parlement élu alors que ses membres ont été désignés".
De son côté, Yadh Ben Achour a toujours affirmé qu'il poursuivrait sa mission jusqu'au bout, quelles que soient les pressions, "dans l'intérêt de la révolution"."Nous avons réussi un miracle" en concoctant "en trois semaines la loi électorale", avait-il dit à l'AFP en mai.
Il s'est expliqué régulièrement dans la presse tunisienne et internationale, défendant le travail ardu de son institution.Au départ une commission purement technique de juristes chargés de toiletter les lois de l'ancien régime, elle s'est rapidement élargie pour intégrer un conseil, composé de représentants de toutes les forces politiques et de la société civile.
"Nous avons réussi une synthèse improbable entre la logique révolutionnaire et la logique institutionnelle", a répété Yadh Ben Achour, resté résolument "optimiste".
Cette cérémonie de clôture sera aussi importante pour le président intérimaire Foued Mebazaa, 78 ans, arrivé à la tête de l'Etat après la fuite de Ben Ali et dont le mandat s'achèvera avec l'élection de la constituante. Ancien ministre et président du parlement depuis 1997, alors une chambre d'enregistrement aux ordres de Ben Ali, ce modéré avait promis en janvier une "rupture totale avec le passé" et a plusieurs fois exhorté ses concitoyens à se "remettre au travail" pour éviter "une explosion sociale".
Investi de pouvoirs crise en février, il s'était porté garant de l'"autorité publique" et a signé en février la loi d'amnistie générale, permettant la libération de centaines de prisonniers politiques de l'ancien régime.
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