Le Somaliland, région auto-proclamée indépendante du nord-ouest de la Somalie, a voté samedi pour élire son président et ses députés malgré les menaces des insurgés islamistes shebab qui contrôlent une grande partie du reste du pays.
Les frontières avaient été fermées pour éviter des incidents lors du scrutin qui s'est apparemment déroulé sans incident.
"Toutes nos forces contrôlent les frontières.Les mouvements et transports internes sont interdits, à l'exception de ceux qui sont autorisés par la Commission électorale nationale (NEC)," a dit à l'AFP le chef de la police Mohamed Saqadi Dubad.
Aucune violence ni fraude n'ont été signalées, a déclaré Abdulrahman Mohamoud, un responsable électoral de Hargeisa, la "capitale", à la fermeture des bureaux de vote à 18H00 (15H00 GMT).
Des résultats partiels sont attendus dans les jours qui viennent, avant les résultats officiels qui ne devraient pas être connus avant une semaine.
Les shebab, qui se réclament de l'idéologie du jihad (guerre sainte) d'Al-Qaïda, avaient menacé de représailles les habitants du Somaliland qui se rendraient aux urnes.
"Ceux qui prendront part à ces prétendues élections en subiront les conséquences", avait dit jeudi le chef des shebab Ahmed Abdi Godane, alias Abou Zubaïr.
"Vous n'avez que deux choix: soit vous suivez le chemin tracé par Allah, soit vous choisissez ce système démocratique soutenu par l'Occident infidèle.(...) Vous devez accepter le chemin d'Allah", avait averti le leader islamiste, lui-même natif du Somaliland.
Les shebab contrôlent la quasi-totalité du sud et du centre de la Somalie et ont déjà frappé au coeur du Somaliland, rendant leurs menaces crédibles.
Dans Hargeisa, des files d'attente d'électeurs avaient commencé à se former dans la nuit de vendredi à samedi, surveillées par les forces de l'ordre.
Le président Dahir Riyale, élu à la tête du Somaliland en mai 2002, est candidat à sa réélection.Ses deux principaux adversaires sont Faisal Ali Warabe, du Parti de la justice et du social et Ahmed Mohamed Mohamoud, du Parti du développement et de la solidarité.
Le territoire, ancienne colonie britannique rattachée au reste de la Somalie en 1960, a déclaré unilatéralement son indépendance en 1991 peu après la chute du président somalien Mohamed Siad Barre.
Plutôt stable et relativement prospère car épargné par les guerres claniques en raison de l'hégémonie du clan des Issak, le Somaliland tente depuis d'obtenir une reconnaissance internationale.Son indépendance n'est pour l'instant reconnue par aucun pays, ni par l'Union africaine.
Il entretient des liens étroits avec l'Ethiopie, ennemi juré des shebab, et l'existence même de ce territoire sécessionniste va à l'encontre d'une vision largement partagée par l'insurrection islamiste mais aussi par une partie de la classe politique de Mogadiscio d'une "Grande Somalie", qui intègrerait le Somaliland, la région voisine et semi-autonome du Puntland ainsi qu'une partie de l'est de l'Ethiopie et du nord kenyan.
Le vote de samedi ne devrait avoir que peu d'impact sur les efforts du Somaliland pour devenir indépendant mais de nombreux électeurs semblent avoir voulu sceller une séparation définitive du reste de la Somalie et de ses troubles.
"Nous réunifier à la Somalie, ce serait comme essayer de rétablir l'Union soviétique", dit l'un d'eux, Mohamed Abdullahi Barud.
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