Sénégal - Alioune Tine : « Nous ne voulons pas que notre pays brûle »

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L'opposition sénégalaise poursuit sa tournée diplomatique. Elle faisait escale à Paris ce Mardi 18 Octobre, invitée pour l'occasion à s'exprimer dans les locaux de la Ligue International des Droits de l'Homme. Les principaux représentants du M23(1), présents sur place, ont clairement « tiré la sonnette d'alarme ». Ils ont prévenu : « Si Wade brigue un nouveau mandat, tout peut arriver, y compris la révolution ».Diplomatie de préventionSi parfois les conférences de presse s'enchainent et que certaines montrent peu d'intérêt, ce n'était pas le cas de celle de ce matin. L'ambiance était détendue, bien qu'animée, courtoise bien que très sérieuse. La présidente de la FIDH en introduction a donné le ton : « Il vaut mieux prévenir que guérir. Les autorités sénégalaises doivent écouter la société civile et ne surtout pas franchir la ligne rouge. » C'est donc pour cela que les membres du M23 se déplacent depuis un certain à travers le monde. Après une rencontre avec les Etats-Unis, l'Union Européenne, l'ONU et bientôt l'Union Africaine et la CEDEAO ils sont ici en France pour distiller le même message : jouer la carte diplomatique au maximum avant que la situation ne dégénère. Ils se basent sur les exemples récents du Niger ou celui de la Côte d'Ivoire pour faire comprendre combien peut être dangereux un président en fin de mandat qui se dérobe à la légalité. Ils souhaitent donc, imitant en cela le concept des néoconservateurs américains de guerre préventive, déployer son penchant diplomatique, « la diplomatie préventive ». Le forcing de Wade Pour Alioune Tine, président de la RADDHO(2), « le coup d'Etat constitutionnel que prépare le président WADE est un réel danger pour la stabilité du pays et au delà pour celle de la sous-région d'Afrique de l'Ouest. Briguer un troisième mandat c'est franchir la ligne rouge qui sépare une démocratie d'un régime de pouvoir absolue. » Il en déduit que « si une révolution Africaine devait avoir lieu elle passerait d'abord par le Sénégal. » Affirmant qu'aujourd'hui toutes les conditions objectives de la révolte voir de la révolution étaient réunies : « Pannes d'électricité, grande précarité, chômage, etc..).Néanmoins insiste-t-il, « cela peut être évité, nous ne voulons pas que notre pays brûle !»Pourtant « les germes de la violence ont été semés confirme Katy Cissé Wone, il n'y a plus de dialogue politique et une crise majeure se prépare. Pour le moment nous appelons tout le monde à respecter la fin de mandat du président élu. Mais ses amis doivent lui faire comprendre qu'un troisième mandat serait inacceptable. »Oui à l'ingérence diplomatique, non à l'interventionCela est-il vraiment clair pour les intervenants ? Il aura fallu que les journalistes sur place s'y reprennent à trois reprises pour que l'on comprenne enfin ce que voulait dire le mouvement. Car demander aux autres d'intervenir tout en disant « nous pouvons nous débrouiller tout seuls », ce n'est pas un discours d'une grande clarté. Il faut donc bien saisir la différence entre l'intervention souhaitée par l'organisation et qui est de l'ordre diplomatique voire amical. Qui est de l'ordre de la conviction, c'est-à-dire reprendre les propos de Bara Tall, « faire entendre raison à Wade ». Et ce qui est de l'ordre de l'intervention post crise, armé, sur le modèle de la crise post électorale en Côte d'Ivoire. « C'est justement pour éviter une telle intervention que nous employons de gros efforts diplomatiques » insiste Cheikh Tidiane Gadio, ancien ministre des Affaires étrangères et candidat à l'élection présidentielle. Dans la vidéo suivante Alioune Tine revient sur ce point : Pour conclure, Cheikh Tidiane Gadio, insiste sur les alternatives qui s'offrent au président Wade. D'abord les mauvaises ; rester, imposer Karim Wade au pouvoir ou « marchander » encore quelques années pour « finir » ses travaux. Puis la bonne option : le départ, paisible, acceptable, respectable. « Monsieur Wade ne doit pas croire comme c'est le cas parfois avec les présidents Africains qu'il n'y a pas de vie après le pouvoir. C'est n'est pas vrai, il peut encore jouer un très beau rôle ! » Stéphanie Hartmann et Matthieu Jean

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