TUNISIE : Succès de la première élection démocratique : un taux de participation proche de 90% ! Mobilisation exemplaire ! Les résultats attendus ce lundi. Mais au fait, comment se sont déroulées ces élections ? Si le dépouillement est toujours en cours ce lundi en Tunisie, où les électeurs se sont massivement rendus aux urnes pour désigner une assemblée constituante à l'occasion du premier scrutin démocratique issu du "printemps arabe", les premières tendances sont favorables aux islamistes d'Ennahda.POUR EN PARLER :_ Samira MADAHOUI, journaliste indépendante, correspondante d'AFRICA N°1_ Mouraz BOUNNAHOUI, président de l'ATIDE, « Association tunisienne pour l'intégrité et la démocratie des élections », +216 98 902 593_ Cheick BOUCADRY TRAORE, « Convergence africaine pour le renouveau »_ -Quelles sont les tendances qui se font déjà jour à la sortie des bureaux de vote ?_ -Ces élections ont été observées tant par des organismes locaux que par ceux qui viennent de l'Occident ? Quel premier bilan peut-on faire du déroulement de ce scrutin majeur ?_ -Le parti ENNHADA (Renaissance) peut-il prendre seul la majorité de cette assemblée constituante ?_ -Après des années d'une « certaine » modernisation de l'Islam en Tunisie, peut-on s'attendre à un durcissement au cas les Islamistes seraient majoritaires à l'Assemblée ? Comment les Tunisiens, et particulièrement les Tunisiennes, verraient l'instauration d'un Islam dur ?_ -Les partis laïcs peuvent-ils faire face aux islamistes ?_ -Les Tunisiens de la Diaspora peuvent-ils jouer un rôle déterminant dans l'avenir de la Tunisie ?_ -Les autres pays africains prendront-ils exemple sur le modèle tunisien ? A commencer par la Libye ?Le dépouillement est en cours ce lundi en Tunisie, où les électeurs se sont massivement rendus aux urnes pour désigner une assemblée constituante à l'occasion du premier scrutin démocratique issu du "printemps arabe". Pionniers de cette vague de soulèvements contre des régimes autocratiques en Afrique du Nord et au Proche-Orient, les Tunisiens ont été plus de 90% à exercer leur droit de vote dimanche, neuf mois après avoir renversé Ben Ali. Le parti Renaissance serait en têteEn raison de cette forte participation, les autorités électorales ont prévenu qu'elles n'annonceraient de résultats que dans le courant de la journée de lundi, au plus tôt. La radio publique a rapporté que, selon des résultats partiels à Sfax et au Kef, le parti Ennahda (Renaissance) arrivait en tête dans ces deux grandes villes de province. Deux formations laïques arriveraient en deuxième position, le Congrès pour la République à Sfax et Ettakatol au Kef. Les islamistes d'Ennahda étaient présentés comme les favoris de ce scrutin, à l'issue duquel sera formée une assemblée constituante qui désignera un gouvernement provisoire et fixera la date d'élections législatives et présidentielle. Ils ne devraient toutefois pas remporter de majorité et risquent de se heurter à un front de formations laïques. Citant ses propres décomptes officieux, Ennahda affirme être en tête dans les votes à l'étranger. L'importante diaspora tunisienne a pu voter plusieurs jours avant les électeurs de Tunisie. «Un jour historique»«C'est un jour historique», a dit Rachid Ghannouchi, chef de file islamiste rentré en Tunisie après 22 ans d'exil en Grande-Bretagne pour conduire Ennahda aux urnes. «La Tunisie naît aujourd'hui, le printemps arabe naît aujourd'hui», a-t-il ajouté après avoir voté, accompagné de sa femme et de leur fille, toutes deux voilées. En sortant du bureau, il a été hué par des dizaines de personnes aux cris de «Dégage!» et «Tu es un terroriste et un assassin! Rentre à Londres». Ennahda se défend de vouloir imposer une application stricte des principes religieux à une société tunisienne habituée depuis la décolonisation à un mode de vie libéral. Pour les observateurs, le parti est tiraillé entre une direction modérée et une base parfois plus radicale. Files d'attenteA travers le pays, des files d'attente de plusieurs centaines de mètres se sont formées dimanche dès le début de la matinée devant les bureaux de vote. Attendant d'accomplir son devoir, Najib Chebbi, fondateur du Parti démocratique progressiste (PDP) en 1983 et l'un des rares opposants à être resté en Tunisie malgré les intimidations et le harcèlement du régime de Ben Ali, a qualifié l'instant de «jour le plus heureux de l'histoire de la Tunisie». «C'est une célébration de la démocratie», s'est-il enthousiasmé. «C'est très émouvant de voir tous ces gens attendre pour voter.» Avec Reuters et africa n°1
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