Interview de Saïf Al Mansour, représentant du CNT en FranceFrancis Laloupo : Que pensez-vous de l'émotion suscitée en Afrique et à travers le monde par les conditions de la mort de Kadhafi ?SAM : Qui a tué Mouammar Kadhafi, c'est la question. Tout d'abord le CNT a formé une commission pour enquêter sur l'arrestation et la mort de Kadhafi. Francis Laloupo : S'il y avait des responsables au terme de cette enquête, seraient-ils présentés devant la justice ?SAM : Bien sûr ! Mais je dois vous dire quelque chose. Il faut comprendre que le CNT n'a pas d'armée. Ceux qui luttent, ce sont des jeunes, des étudiants, des ingénieurs, des médecins, des commerçants, des ouvriers.. Tous sont venus pour défendre leur famille, défendre leur vie. Ceux sont eux qui ont entendu Mouammar Kadhafi donner l'ordre à ses soldats, à ses mercenaires, de tuer, de violer, etc.. Ces jeunes là ont vu leurs parents, leurs frères assassinés devant eux. Ils ont vu leurs s�?urs, leurs mères se faire violer. FL : L'OTAN a annoncé la fin de ses opérations en Libye, quand se retireront réellement les troupes ? SAM : Le CNT a demandé un mois supplémentaire pour que nous puissions organiser notre armée nationale. Pour mettre en place aussi des services de sécurité qui soit au service du peuple. Pas des services comme ceux de Kadhafi qui traquaient, assassinaient, espionnaient, etc�?�FL : L'action du CNT va se fonder sur la loi islamique, c'est ce qui a été annoncé. Pourquoi cette décision a-t-elle été prise de manière unilatérale. Pourquoi ne pas avoir soumis cela à un référendum ou attendre et le soumettre à une constituante comme en Tunisie ?SAM : Aujourd'hui la Libye est gérée par une constitution transitoire. Et celle-ci est très démocratique. La constitution finale, après une période de transition d'environ huit mois, sera rédigée par des experts de toutes tendances, nommée par un congrès élu. Celle-ci sera ensuite soumise par référendum au peuple. FL : Néanmoins, il a déjà été annoncé que la loi islamique serait le socle de cette période de transition même de la Libye libre.SAM : L'Islam, c'est la liberté, l'Islam c'est la démocratie. Ca ne sera pas les talibans, ça ne sera pas Al Qaïda. Nous parlons d'un Islam moderne, d'Islam solide, qui ne connait pas le fanatisme, qui ne connait pas le terrorisme. La constitution de la Libye même sous la monarchie avant Kadhafi était inspirée de l'enseignement de l'Islam. FL : Je parle plutôt de la méthode de l'annonce qui a été faite de manière unilatérale et préalablement à toute démarche vers une assemblée constituante. SAM : Attendons la constitution qui sera rédigée par toutes les tendances et j'assure que la Libye sera un pays libre, un pays démocratique qui respectera les droits de l'Homme, les libertés et qui tendra une main de paix avec tous les pays notamment les pays africains mais aussi nos frères de l'autre côté de la méditerranée. FL : Qu'en est-il de la situation des migrants subsahariens en Libye ?SAM : Nous avons formé une commission pour voir ce qu'il en était. Celle-ci travail pour améliorer les conditions de vie de nos frères africains. Je vais moi-même revenir en Libye après un long exil pour m'occuper des droits de l'homme et particulièrement de cette problématique.
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