L'armée kényane se veut satisfaite deux semaines après son entrée en Somalie

Infos. ...

NAIROBI (AFP) - (AFP)

 Deux semaines après l'entrée de ses troupes en Somalie, le Kenya a revendiqué samedi avoir déjà repoussé les insurgés islamistes shebab au-delà de la zone frontalière, mais il a dû subir sur son sol quatre attentats, relativement mineurs, en cinq jours.

Les soldats kényans ont "totalement libéré" la province somalienne frontalière de Gedo et conquis plusieurs localités dans celle, voisine, du Bas Juba, selon leur commandement.

"Quand le gouvernement et la population du Kenya estimeront qu'ils sont suffisamment en sécurité, nous nous retirerons", a déclaré le général Julius Karangi, chef des forces armées kényanes, dressant un premier bilan de l'opération devant la presse à Nairobi."Il n'y a pas de limite de temps", a-t-il ajouté.

Les troupes kényanes -- estimées entre 2.000 et 4.000 soldats selon les experts -- sont entrées le 14 octobre en Somalie, selon le général Karangi, pour y neutraliser les shebab, qui contrôlent la plus grande partie du sud et du centre de ce pays privé de gouvernement central depuis vingt ans.

Le Kenya a justifié cette intervention par l'enlèvement de quatre Européennes en quelques semaines dans son territoire frontalier de la Somalie, des rapts que Nairobi attribue aux shebab même si ces derniers s'en défendent.

Deux semaines plus tard, l'armée kényane, dont la progression est gênée par de fortes pluies, parait avoir pour l'essentiel consolidé des positions acquises dès le début de son offensive, jusqu'à une centaine de km de la frontière.

Son principal acquis est un petit village côtier, Burgabo, conquis vendredi sans combat, mais qui se trouve encore à plus de 120 km du grand port du sud somalien, Kismayo, bastion shebab d'où ces derniers tirent l'essentiel de leurs ressources, et objectif implicite de l'intervention kényane.

"L'indicateur clé de succès (de l'opération) sera de réduire grandement la capacité des shebab à aller de l'avant", a déclaré le général Karangi, se refusant à préciser davantage ses buts de guerre.

Le seul combat au sol à ce jour a eu lieu à l'initiative des shebab, qui ont attaqué une colonne kényane jeudi.L'armée kényane y a perdu son premier soldat et elle revendique avoir tué neuf combattants shebab.

Le bilan est en fait plus lourd du côté des civils kényans, puisque cinq ont été tués dans une série d'attentats perpetrés lundi, jeudi et vendredi à Nairobi puis dans le nord-est du pays frontalier avec la Somalie, près de Mandera et à Garissa.

Aucune de ces attaques n'a été revendiquée directement par les shebab, mais un de leurs principaux dirigeants, Mukhtar Robow Ali, a appelé les jeunes Kényans partisans des shebab -- qui pourraient se compter par centaines -- à "se battre à l'intérieur du Kenya" et y "provoquer une énorme explosion".

Dimanche, le Premier ministre somalien Abdiweli Mohamed Ali doit pour sa part se rendre à Nairobi, pour y discuter le lendemain de l'intervention kényane qui divise le gouvernement de transition somalien.Si le Premier ministre a approuvé l'entrée des soldats kényans, le président Sharif Cheikh Ahmed -- un ancien allié des shebab, jusqu'à son ralliement au gouvernement de transition et son élection en janvier 2009 -- l'a condamnée au nom de la souveraineté somalienne.

Le Kenya a enfin annoncé samedi la tenue d'un sommet régional d'Afrique de l'Est le 15 novembre, sous les auspices de l'Igad (Initiative intergouvernementale pour le développement, qui réunit Ouganda, Ethiopie, Djibouti, Kenya, Soudan et Somalie).

Ce sommet devrait décider de renforcer de plusieurs milliers d'hommes l'Amisom, la force de l'Union africaine composée aujourd'hui de 9.000 hommes, et qui a pour l'essentiel contraint les shebab à abandonner Mogadiscio en août dernier, a indiqué le ministre kényan de la Défense Yusuf Haji.

Les insurgés islamistes ont de leur côté mis en pratique leur nouvelle tactique de harcèlement dans la capitale somalienne, en lançant samedi une attaque contre une base militaire progouvernementale, qui faisait l'objet de bilans contradictoires de la part des deux belligérants.

Newsletter

Restez informé ! Recevez des alertes pour être au courant de toutes les dernières actualités.
Réagir à cet article

L'espace des commentaires est ouvert aux inscrits.
Connectez-vous ou créez un compte pour pouvoir commenter cet article.

En direct
Les rendez-vous santé
Nos applications
Facebook
Twitter
Instagram
L'armée kényane se veut satisfaite deux semaines après son entrée en Somalie