Deux kamikazes se sont fait exploser près d'une base militaire à Maiduguri, ville du nord-est du Nigeria en proie à la violence d'islamistes radicaux, où plusieurs explosions ont retenti vendredi sans faire d'autre victime, selon des sources sécuritaires et des témoins.
Les kamikazes ont activé leurs bombes aux abords du siège de la force spéciale (JTF) qui a été déployée à Maiduguri pour tenter d'y rétablir l'ordre, a indiqué à l'AFP le porte-parole de cette force, le lieutenant-colonel Hassan Mohammed.
Après avoir été refoulés par la sécurité à l'entrée du QG, ils sont repartis dans leur 4x4 noir chargé d'explosifs, qu'ils ont déclenchés "à environ 50 mètres du portail", a-t-il expliqué."Les kamikazes sont naturellement morts", a-t-il dit, soulignant qu'aucun civil ni membre de la JTF n'avait été tué.
Certains bâtiments du QG ont cependant été abîmés.
Deux autres bombes ont explosé simultanément dans d'autres quartiers de la ville, dont une devant le bureau des services de renseignement de la police (SSS) de l'Etat de Borno, dont Maiduguri est la capitale, a également indiqué le lieutenant-colonel Mohammed.
Ces attaques interviennent à deux jours de l'Aïd-el-Kébir, l'une des plus importantes fêtes musulmanes célébrée dimanche au Nigeria.
Le nord du Nigeria est majoritairement musulman, le sud à dominante chrétienne.
Maiduguri est le théâtre quasi-quotidien de violences généralement attribuées par les autorités à la secte islamiste Boko Haram, qui a affirmé par le passé souhaiter une application stricte de la charia.La loi islamique, dans une version modérée, a été réintroduite dans 12 Etats septentrionaux du Nigeria il y a une dizaine d'années.
Boko Haram a revendiqué l'attentat-suicide contre le siège des Nations unies dans la capitale Abuja le 26 août, qui a fait 24 morts.
Vendredi, des habitants de Maiduguri ont indiqué avoir entendu plusieurs explosions.
"Je ne peux pas dire d'où provenaient les explosions mais elles étaient vraiment fortes", a déclaré à l'AFP Aisatu Kabir, une résidente jointe au téléphone.
Un journaliste local a indiqué avoir entendu trois explosions.
"J'étais chez moi juste après la prière quand j'ai entendu trois explosions séparées provenant de différents quartiers", a-t-il déclaré à l'AFP, sous couvert d'anonymat.
Un troisième habitant, Awwal Abdullahi, avait aussi indiqué avoir entendu des explosions.
Boko Haram avait établi son fief à Maiduguri avant qu'il ne soit exterminé par les forces de l'ordre en 2009.
En dépit d'un important déploiement des forces de sécurité, les violences se poursuivent et des milliers d'habitants ont fui la ville ces derniers mois.
Le Nigeria, pays le plus peuplé d'Afrique avec plus de 160 millions d'habitants, compte à peu près autant de musulmans que de chrétiens.
Le pays est régulièrement secoué par des violences entre les deux communautés, en particulier dans les régions du centre.
La police a rapporté vendredi que deux personnes avaient été tuées au cours d'une attaque jeudi soir contre un rassemblement de chrétiens dans un village près de Zonkwa, dans l'Etat de Kaduna (nord).
Des centaines de jeunes chrétiens ont manifesté leur colère vendredi dans les rues de Zonkwa en allumant notamment des feux, selon une source officielle.
Dans cette région, plusieurs centaines de personnes avaient trouvé la mort en avril au cours d'affrontements post-électoraux entre jeunes chrétiens et musulmans.
Craignant un regain de violences à l'occasion de l'Aïd-el-Kébir, le chef de la police nigériane a placé ses hommes dans l'ensemble du pays en "état d'alerte rouge" à partir de vendredi et ce jusqu'à la fin des festivités.
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