De jeunes partisans du président zimbabwéen Robert Mugabe ont lancé des pierres et frappé dimanche des sympathisants du Premier ministre Morgan Tsvangirai, empêchant la tenue d'un meeting de son parti dans la banlieue d'Harare.
Tout en chantant l'hymne de l'Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (Zanu-PF, le parti de Mugabe), des jeunes ont lancé des pierres sur des sympathisants du MDC rassemblés à l'intérieur d'un stade où devait se dérouler la réunion publique du MDC (Mouvement pour le changement démocratique de Tsvangirai) à Chitungwiza, à 30 km au sud-est de Harare, a constaté un journaliste de l'AFP.
Des tirs de gaz lacrymogènes tirés la police n'ont pu empêcher le groupe de jeunes pro-Mugabe de poursuivre les violences, et les responsables du MDC ont dû annuler le meeting avant que M. Tsvangirai ne puisse s'addresser à son public.
"Malheureusement nous n'avons pas pu nous réunir en raison d'actes de violences inconcevables que nous avons dû subir ce matin de la part de membres du parti présidentiel", a déclaré Tendai Biti, secrétaire général du Mouvement pour un changement démocratique (MDC), lors d'une conférence de presse à Harare.
M. Biti a ajouté que sept militants du MDC avaient été hospitalisés et que cinq véhicules appartenant à son parti avaient été endommagés.
"Des centaines de personnes ont été frappées, les militants de la Zanu-PF leur ont lancé des pierres.Elles ont subi de multiples blessures", a-t-il déclaré, affirmant que la police n'avait pas protégé les membres du MDC.
"Ils nous regardaient alors que les jeunes de la Zanu-PF agressaient nos membres et détruisaient nos biens", a-t-il poursuivi.
Le porte-parole de la police Oliver Mandikapa a déclaré avoir reçu des informations sur des affrontements tout en disant ne pas être en mesure dans l'immédiat de faire des commentaires.
M. Biti, qui est également ministre des Finances du gouvernement d'union entre Mugabe et Tsvangirai, a accusé la Zanu-PF d'utiliser la violence dans la perspective des futures élections qui doivent se dérouler dès 2012.
"Il est évident que la Zanu-PF est en train de préparer la prochaine élection.Il est clair que nous entrons dans un scénario où la violence va se déchaîner", a-t-il ajouté.
"Nous resterons engagés pour la non-violence en dépit des provocations", a-t-il affirmé.
De son côté, le porte-parole national de la Zanu-PF, Rugare Gumbo a déclaré ne pas avoir été informé de ces incidents.
"Mais nous ne sommes pas surpris d'entrendre que c'est la Zanu-PF qui est à l'origine des violences.Nous savons que le MDC dit toujours cela", a-t-il déclaré.
Morgan Tsvangirai avait accepté le poste de Premier ministre au terme d'un accord qui a évité un bain de sang au pays en 2008.
Près de trois ans plus tard, les deux partis campent sur leurs positions et ne parviennent toujours pas à s'entendre sur l'organisation d'élections, redoutées par ailleurs par la population.
Chaque scrutin au Zimbabwe depuis 2000 a été marqué par des violences, principalement contre des partisans de M. Tsvangirai.
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