Des milliers d'opposants à la présidente libérienne Ellen Johnson Sirleaf manifestaient sous tension lundi à Monrovia pour soutenir son rival Winston Tubman, à la veille du second tour de la présidentielle qu'il a appelé à boycotter.
Des policiers anti-émeutes équipés de boucliers, casques et gaz lacrymogènes, ainsi que des véhicules de la Mission des Nations unies au Liberia (Minul) étaient présents près du siège du parti de M. Tubman, le Congrès pour le changement démocratique (CDC), où militants et sympathisants arrivaient progressivement par vagues de plusieurs quartiers de Monrovia.
De là, les milliers de manifestants ont prévu de marcher dans les rues de la capitale avec, à leur tête, les leaders du parti dont M. Tubman et l'ex-star du football international George Weah, resté très populaire au Liberia.
"Nous avons demandé à nos partisans de rester pacifiques et de ne pas répondre aux provocations", a déclaré à des journalistes, dont ceux de l'AFP, George Solo, un des responsables de campagne de M. Tubman.
En dépit de cette volonté affichée de ne pas provoquer de violences, cette marche présente des risques de dérapage qui inquiètent dans un pays se relevant doucement de guerres civiles qui, de 1989 à 2003, ont fait quelque 250.000 morts.
Un porte-parole de la police, George Bardoo, a affirmé à l'AFP que la marche ne pourrait pas se tenir "tant qu'elle n'aura pas été autorisée par le ministère de la Justice".
Aux cris de "Plus de guerre, Nous voulons la paix", "On ne va pas voter" ou encore "On veut la justice et la liberté", les partisans de Winston Tubman, dont certains étaient surexcités et très remontés contre la présidente sortante qu'ils accusent d'avoir collaboré avec des chefs de guerre pendant le conflit, semblaient prêts à passer outre cette interdiction.
Cette manifestation qui, selon M. Solo, a pour but de "mettre en lumière notre mécontentement concernant le processus électoral", se tient à la veille du deuxième tour de la présidentielle auquel Mme Johnson Sirleaf se retrouvera seule en lice.
Winston Tubman, qui craint des fraudes similaires à celles qu'il a dénoncées au premier tour du 11 octobre, a décidé de ne pas y participer et a appelé ses partisans à le boycotter.
Mme Sirleaf était arrivée en tête avec 43,9% des voix contre 32,7% à M. Tubman qui a accusé la présidente d'avoir utilisé en masse "les ressources de l'Etat" pour acheter le ralliement d'autres opposants au second tour.
Le 1er tour de la présidentielle, couplé à des législatives et sénatoriales auxquelles le Parti de l'unité (UP) de Mme Sirleaf était également arrivé en tête, a été marqué par une forte participation (71%) et s'était déroulé dans le calme.
Ces élections avaient été saluées par l'ensemble des observateurs, nationaux et internationaux, comme "libres et transparents".
Une évaluation contestée lundi par George Solo qui a cependant réitéré la proposition de son parti d'aller à un second tour avec une nouvelle Commission électorale nationale (NEC) garantissant un scrutin honnête."Nous avons un problème avec le processus électoral, pas avec Mme Sirleaf", a-t-il affirmé.
Dans le cas contraire, le CDC poursuivra ses manifestations pacifiques "chaque heure, chaque jour, chaque mois" jusqu'à obtenir satisfaction, "comme en Egypte et en Tunisie", a-t-il ajouté.
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