RD CONGO : Dans moins de trois semaines, auront lieuélections cumulées de la présidentielle et des législatives prévuespour le 28 novembre 2011. A travers tout le pays, des incidentsplus ou moins graves, allant jusqu'à la mort d'homme sontdevenus monnaie courante. La population est partagée entre lesmilitants du Président sortant et candidat à sa propre successionet ceux de son plus grand concurrent Etienne TSHISEKEDI.Toutes les grandes villes de ce vaste pays sont en effervescence :la campagne est chaude et même dangereuse : batailles rangées,incendies des sièges de l'adversaire�?�Des questions d'intendance se posent avec acuité : jusqu'il y aquelques jours, les urnes, les bulletins n'étaient pas arrivés àKinshasa.Un problème qui ronge toute la population est celui du tourunique, tant pour la présidentielle que pour les législatives.Il y a 12 candidats à la présidentielle et 8000 candidats à ladéputation.Comment gérer cette élection dans un pays de 2 450 000 km2 , oùles routes sont dans un état lamentable et les liaisons aériennesles plus dangereuses de la terre.Comment espérer des élections apaisées et justes quand, avantmême le scrutin, des rumeurs de tricherie et de bourrage d'urnesbruissent à travers tout le pays. Les Chinois « seraient » chargésde livrer des urnes déjà pleines, en faveur du président sortant,Joseph KABILA. Chose impossible ?POUR EN PARLER :_ Léon Bruno LIKOKU, professeur d'université, candidatlibre aux législatives dans la Province de l'Equateur, anciendéputé de la législature sortante,_ Jean-Henry KINDA, élu local, enseignant d'université,manager de EHB Consulting, gestion d'entreprises et managementde projets-ingénierie informatique,Le chef de l'Etat sortant, Joseph Kabila, part favori pour l'électionprésidentielle du 28 novembre, alors même que l'Est du pays esttoujours déchiré par la violence et que la population attend encore laréalisation de ses promesses de 2006 dans le domaine économique etsocial.La campagne électorale pour les élections présidentielle et législativesen République démocratique du Congo, prévues pour le 28 novembre2011, a démarré officiellement le 28 octobre dernier. Onze candidatssont en lice pour la présidentielle et plus de 18 000 pour les 500 siègesde députés nationaux.Après la modification constitutionnelle de janvier 2011 permettantl'élection du président à la majorité simple après un seul tour descrutin, il y a tout lieu de penser que Joseph Kabila, bénéficiantdes relais de l'administration et de l'appui des onze gouverneursde provinces, tous PPRD, ainsi que du soutien, discret, de la «communauté internationale » se succédera à lui-même, face à uneopposition émiettée regroupant dix candidats, sans toutefois avoir lacertitude que les provinces qui avaient assuré son élection en 2006(Katanga, Maniema, les deux Kivu) lui reconduisent une fois encore leursoutien.En effet, le bilan du président sortant n'est pas bon. La réalisation descinq chantiers majeurs (infrastructures, emploi, accès à l'eau potableet à l'électricité, éducation, santé) dont il avait fait son programmelors de l'élection de 2006 est loin d'être achevée. La démocratiecongolaise en est toujours à balbutier et, pendant le quinquennat -pour se limiter à cet aspect de la vie publique - a connu de multipleset graves entorses commises à l'encontre du respect des libertéspubliques, les meurtres de journalistes et de représentants d'ONG ontété nombreux �?? l'assassinat de Félix Chebaya reste impuni.L'exploitation des richesses naturelles du Congo continue, commepar le passé, à être soit confiée (bradée) à des multinationales soitréservée par copinage à un petit cercle de profiteurs, et ne contribueque très imparfaitement à l'amélioration des finances publiques. Unevéritable agriculture vivrière nationale est inexistante, la protectionde la forêt du bassin du Congo n'est pas prise au sérieux, et la paixau Kivu est loin d'être revenue à cause de la faiblesse insigne del'Etat congolais. Bref, on a bien du mal à répondre à la question desavoir en quoi, depuis 2006, la vie quotidienne des Congolais, se seraitaméliorée ?La notion de la nation congolaise est sérieusement menacée dansla province cuprifère, plus particulièrement en cette période decampagne électorale. Dans sa dernière sortie médiatique, sur unechaîne étrangère de surcroît, l'actuel président de l'Assembléeprovinciale de cette région sud-ouest de la République, GabrielKyungu wa Kumwanza annonce sa volonté de ne voir que des candidatsoriginaires aller aux élections et les gagner. Cela fait suite à des heurtsenregistrés à Lubumbashi le samedi 5 novembre, entre les partisansde l'Udps, Union pour la démocratie et le progrès social d'EtienneTshisekedi et ceux de l'Unafec, Union des nationalistes et desfédéralistes congolais du redoutable Gabriel Kyungu, faisant plusieursblessés dans les rangs de l'opposition.Une attitude contre la majoritéMais ce que le détracteur des non-originaires semble ignorer, c'estque tout originaire du Katanga n'est pas nécessairement membre del'opposition et vice-versa, tout Katangais n'est pas forcément de lamajorité. S'en prendre à un candidat pour la simple raison qu'il estporteur d'un nom autre que celui réputé appartenir à son peuple, c'estune attitude contre la MP engagée résolument derrière Joseph Kabiladans cette Présidentielle 2011.Des fraudes ayant été constatées lors des opérations d'enrôlement desélecteurs (inscription de mineurs, personnes inscrites plusieurs fois�?�),l'UDPS et d'autres partis d'opposition ont organisé, en septembre et enoctobre, à Kinshasa et dans d'autres villes du pays, des manifestationspour exiger un audit du fichier électoral. Les manifestations à Kinshasaet à Mbuji-Mayi ont été violemment réprimées par la police. Quelquesjours avant le lancement de la campagne électorale cependant,un accord a été conclu entre la Commission électorale nationaleindépendante (CENI) et les partis d'opposition, donnant à ces derniersun accès au serveur central et prévoyant un comptage manuel desbulletins de vote.
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