Le Swaziland va avoir du mal à payer ses fonctionnaires

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MBABANE (Swaziland) (AFP) - (AFP)

Le Swaziland, à court de liquidités, va avoir du mal à payer ses fonctionnaires à la fin du mois, a averti mercredi le ministre des Finances.

"Nous ferons de notre mieux pour payer (les salaires) à la fin novembre, mais ça va être dur.Nous avons de sérieuses difficultés budgétaires en ce moment", a indiqué le ministre, Majozi Sithole, à l'AFP.

Le gouvernement, principal employeur du petit royaume d'Afrique australe, ne peut plus compter que sur ses maigres revenus fiscaux, depuis qu'il a cessé de puiser dans les réserves de change pour payer ses 35.000 fonctionnaires.

Le Fonds monétaire international (FMI) avait averti qu'une telle pratique pourrait menacer à court terme le lilangeni, la monnaie locale pour l'instant liée au rand sud-africain.

"Les revenus que nous pouvons recueillir ne suffisent pas à couvrir nos dépenses", a déploré M. Sithole, ajoutant que la nouvelle direction des services fiscaux fonctionnait mal, par "manque de ressources".

Le Swaziland est aux prises avec d'importantes difficultés budgétaires depuis qu'une réforme d'une union douanière régionale l'a privé de 60% des revenus qu'il en tirait.

Le royaume s'est tourné vers les bailleurs de fonds internationaux, mais le FMI a affirmé qu'il n'y aurait aucun nouveau prêt tant que des mesures sérieuses n'auront pas été prises, et notamment la réduction de la masse salariale des fonctionnaires.

Mais le gouvernement swazi a renoncé à baisser les salaires de ses fonctionnaires après s'être heurté à une farouche résistance des syndicats qui ont organisé des manifestations massives en début d'année.

Vincent Dlamini, secrétaire général du syndicat de fonctionnaires Napsawu, a appelé le FMI à s'en prendre à d'autres postes budgétaires.

"Mettez la pression sur le gouvernement pour qu'il cesse de gaspiller de l'argent!", a-t-il indiqué à l'AFP.

Les syndicats, seule force d'opposition au régime autoritaire du roi Mswati III, mettent notamment en cause le train de vie fastueux du dernier monarque absolu d'Afrique.

Sentant la contestation monter, le roi avait indiqué en août qu'il s'opposait désormais à toute baisse des salaires.

"Nous devons trouver des moyens, des moyens plus doux, des moyens qui exigent des consultations poussées", a commenté le ministre Sithole mercredi.

Il a démenti que son pays ait renoncé au prêt de 2,4 milliards de rands (220 millions d'euros) que l'Afrique du Sud avait annoncé être prête à débloquer début août pour aider son petit voisin.

"Nous voulons juste être sûrs que ce sur quoi nous nous sommes mis d'accord est interprété de la même façon par les deux parties", a-t-il sobrement commenté, alors que des proches du roi ne se sont pas privés de remettre en question les clauses introduites par Pretoria pour demander une démocratisation du régime.

Le Swaziland s'est tourné vers le Qatar pour trouver de l'argent frais, selon des informations de presse.

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