Attaques meurtrières de Khartoum au Soudan du Sud: l'ONU s'inquiète

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JUBA (AFP) - (AFP)

L'ONU a exprimé vendredi son inquiétude et évoqué un possible "crime international" au lendemain d'une série d'attaques meurtrières de l'armée soudanaise contre un camp de réfugiés et une base militaire au Soudan du Sud.

Les relations entre le régime nordiste du Soudan et son voisin du Soudan du Sud indépendant depuis le 9 juillet se sont détériorées ces derniers jours, en raison de heurts des deux côtés de la nouvelle frontière, dont les deux camps se rejettent la responsabilité.

Un porte-parole de l'armée sud-soudanaise, Philip Aguer, a accusé le gouvernement de Khartoum d'avoir lancé une attaque jeudi contre une base militaire à Kuek.Les combats ont duré sept heures et fait cinq morts côté sud-soudanais et 13 côté soudanais, ainsi que des dizaines de blessés.

Selon lui, les assaillants ont été repoussés jusqu'à la frontière.

Le même jour, l'armée soudanaise a aussi bombardé un camp de réfugiés à Yida, dans le nord du Soudan du Sud, abritant 20.000 réfugiés Soudanais ayant fui les combats de l'autre côté de la frontière, dans l'Etat nordiste du Kordofan-Sud.

Selon le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR), deux bombes ont atterri dans l'enceinte du camp, dont une à proximité d'une école mais il n'y a pas eu de victime.

Dans un communiqué, le HCR a exprimé son inquiétude devant les "tensions grandissantes dans les régions frontalières entre le Soudan et le Soudan du Sud, où des centaines de milliers de civils ont été déplacés depuis juin en raison des combats".

Le gouvernement soudanais du président Omar el-Béchir a démenti les deux attaques."Les forces armées soudanaises n'ont mené aucune opération dans cette zone", a déclaré un porte-parole militaire, Sawarmi Khaled Saad, pour qui les allégations du HCR sont basées sur "des informations erronées".

A Khartoum, le ministère des Affaires étrangères a aussi rejeté les accusations, ajoutant qu'il n'y avait pas de réfugiés soudanais au Soudan du Sud et que les camps servaient uniquement à abriter des "groupes rebelles".

Le pouvoir à Juba, capitale du Soudan du Sud, a cependant dit s'attendre à de nouvelles attaques.Jeudi, le président sud-soudanais Salva Kiir a accusé Khartoum de chercher la guerre afin de pouvoir prendre le contrôle des champs pétroliers sud-soudanais.

Dans la perspective d'éventuelles nouvelles attaques, des personnels de l'ONU ont été évacués et la sécurité a été renforcée dans les régions frontalières et autour des champs pétroliers.

A New York, le chef des opérations de maintien de la paix de l'ONU, Hervé Lasdous, a lancé un appel à la "désescalade" devant le Conseil de sécurité."Bien qu'aucune des deux parties ne semble prête à revenir à la guerre, il existe une tendance inquiétante à l'escalade et à la déstabilisation qui pourrait conduire à une confrontation de grande envergure".

Le Haut-commissaire pour les droits de l'Homme de l'ONU, Mme Navi Pillay, a demandé une enquête "indépendante et crédible pour établir les circonstances exactes du bombardement" du camp de Yida.

"S'il est prouvé qu'un crime international ou que de sérieuses violations des droits de l'Homme ont été commis, leurs responsables devront être traduits en justice", a-t-elle insisté.

Mme Pillay a également fait part de son inquiétude devant les attaques persistantes au Kordofan-Sud.L'armée soudanaise mène des plusieurs mois des opérations meurtrières contre des rebelles au Kordofan-Sud et au Nil Bleu, deux Etats du Nord mais frontaliers du Sud.

Selon l'ONG américaine Enough Project, qui milite pour la paix au Soudan, des images satellitaires ont "confirmé" que l'armée soudanaise renforçait actuellement ses capacités de frappes aériennes au Nil Bleu.

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