La réforme constitutionnelle qui prévoit notamment une limitation à deux du nombre de mandats présidentiels a été approuvée par 97% des Equato-Guinéens lors du référendum du 13 novembre, a annoncé mercredi le ministre de l'Intérieur à la télévision nationale.
"Le peuple de Guinée équatoriale a approuvé le projet de réforme de la loi fondamentale (Constitution)" a annoncé M. Clemente Engonga Nguema Onguene, citant le chiffre de 97% de "oui" et de 91% de participation, sans plus de précision.
Le ministre n'a pas donné de chiffres plus détaillés, précisant qu'il rendrait public "les procès-verbaux" vendredi.Selon les résultats officiels partiels à 60% du dépouillement communiqués lundi par le ministre, le +oui+ l'emportait à 99,04%.
L'issue du scrutin ne faisait guère de doute dans ce petit pays pétrolier dirigé d'une main de fer par le président Obiang, arrivé au pouvoir en 1979 par un coup d'Etat, élu en 1989, réélu en 1996, 2002 et 2009.
Ce score fleuve n'a rien d'étonnant pour la Guinée: en 2009, M. Obiang avait été réélu avec 95,37% des suffrages et en 2002, il avait obtenu 97,1 % des voix.
Le texte ne précise pas si Obiang, 69 ans, devra quitter son poste en 2016, au terme de son mandat actuel ou si la limitation des mandats n'interviendra qu'à partir de l'adoption de la réforme.Interrogé sur le sujet, les responsables sont restés évasifs.
La réforme constitutionnelle prévoit aussi la création d'un poste de vice-président et de cinq organismes: Sénat, Cour des Comptes, Conseil d'Etat, Conseil pour le développement économique et social et Défenseur du peuple.
Président en exercice de l'Union africaine, M. Obiang tente depuis quelques années de modifier l'image de son pays, souvent qualifié de "dictature" par les défenseurs des droits de l'Homme.Hormis le personnel diplomatique, il n'y avait pas d'observateur internationaux pour le scrutin.
L'opposition avait rejeté lundi les résultats provisoires."Des résultats de plus de 90% sont le propre de régimes totalitaires.Les résultats sont frauduleux et ont été fabriqués à l'avance.Les résultats ne sont pas crédibles.Ca n'a rien à avoir avec la réalité et la volonté du peuple équato-guinéen", avait affirmé Placido Mico, secrétaire général du principal parti d'opposition, la Convergence pour la démocratie sociale (CPDS) dont le parti a retiré dimanche à la mi-journée tous ses représentants des bureaux électoraux dénonçant des "menaces" et "pressions".
M. Mico avait jugé que le taux de participation ne dépassait pas 25%.
Daniel Dario Martinez de l'Union populaire (UP), le deuxième parti d'opposition, avait lui estimé: "Le résultat est faux.Les résultats qu'ils sont en train de publier sont faux.Ici, il n'y a a pas d'élection.Il (le président Teodoro Obiang) veut mettre son fils à la présidence, tout le monde le sait et cette réforme correspond à cela".
L'UP n'avait pas envoyé de représentants dans les bureaux électoraux.
Le ministre de l'Information également porte-parole du gouvernement Jeronimo Osa Osa Ecoro avait estimé que la réforme était "une bonne chose pour la Guinée équatoriale.C'est un projet d'avenir politique, économique, social et culturel".
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