Plusieurs footballeurs algériens ayant participé aux Coupes du monde 1982 et 1986 veulent savoir pourquoi leurs enfants sont nés avec des handicaps, n'excluant pas un lien avec des médicaments ou des produits dopants qu'ils auraient ingérés à cette époque.
"J'ai une fille née en 1993.Elle est venue au monde avec un handicap lourd: une agénésie du corps calleux" qui entraîne essentiellement une faiblesse musculaire et des crises d'épilepsie, a raconté à l'AFP Djamel Menad, un des "Fennecs" qui avaient participé au Mondial 1986 au Mexique.
Pour l'ancien buteur de l'équipe algérienne, le fait que plusieurs joueurs de la même génération ont eu des enfants handicapés n'est pas "une coïncidence".
"Depuis que j'ai découvert que je n'étais pas le seul, j'ai commencé à me poser des questions", affirme-t-il.
Menad n'exclut pas un éventuel lien avec des médicaments ou fortifiants administrés à l'époque par les médecins aux joueurs."Ils nous donnaient des médicaments et des vitamines pour compenser des pertes d'énergie après les entraînements et les matches", se souvient-il.
L'ancien défenseur des "Fennecs", Mohamed Chaïb, abonde dans le même sens."Nous avons des doutes sérieux sur les effets des médicaments que nous consommions lors des stages de préparation.Nous voulons juste la vérité", a-t-il affirmé à l'AFP.
"Nous avons décidé d'évoquer publiquement cette affaire lorsque nous avons découvert qu'il y avait pas moins de huit ex-internationaux qui ont engendré des handicapés", ajoute Mohamed Chaïb, père de trois filles handicapées.
"Elles sont nées toutes les trois avec une dystrophie musculaire", précise-t-il.L'une d'entre elles est morte des suites de sa maladie en 2005 à l'âge de 18 ans.
"Mon épouse et moi avions pourtant subi une série d'examens médicaux, y compris des analyses ADN qui n'ont rien révélé d'anormal", ajoute l'ancien défenseur.
L'ancien milieu de terrain Mohamed Kaci Saïd, père d'une fille handicapée de 26 ans, veut l'ouverture d'une enquête."Je ne dis pas que nous étions des souris de laboratoire de médecins russes (...) et que nous prenions des dopants à notre insu.Mais le doute persistera tant qu'une enquête n'aura pas été ouverte pour que la vérité soit faite", explique l'ex-international.
"J'ai reçu un choc lorsque (ma fille) est née", dit-il."Certains ont pensé que cela pouvait être lié à une union consanguine", mais indique-t-il au quotidien arabophone El-Khabar, "je suis kabyle et mon épouse est d'origine turque, il n'y aucun lien de parenté entre nous".
L'hypothèse défendue par ces anciens joueurs est battue en brèche par l'ex-capitaine des "Verts" à la Coupe du monde 1982 en Espagne, Ali Fergani: "Cette hypothèse est loin d'être véridique".
Pour lui, "le nombre de joueurs parents d'enfants handicapés est minime comparé au nombre total de joueurs sélectionnés" entre 1980 et 1990.
M. Fergani dément également la présence de Russes dans l'équipe médicale de la sélection."Tous les médecins étaient Algériens et nous ne prenions pas de médicaments, à part de la vitamine C".
L'entraîneur de l'Algérie au mondial mexicain, Rabah Saâdane, met aussi en doute les craintes des anciens internationaux."Quand je dirigeais la sélection de 1984 à 1986 il n'y avait pas de médecin européen avec nous", explique-t-il à la presse algérienne.
"Je travaillais avec un Algérien, le Dr Abdallah Bessalem, resté avec moi 16 mois.Entre 1981 et 1988, il y a eu un entraîneur russe, Evegueni Rogov, et un kinésithérapeute russe", précise-t-il.
Outre M. Rogov, un entraîneur d'ex-Yougoslavie, Zdravgo Rajkov, a dirigé l'équipé en 1980.
Les autorités algériennes n'ont pour l'instant pas commenté ces accusations.
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