Le gouvernement du Soudan du Sud, nouvellement indépendant, s'est dit déterminé vendredi à éviter "à tout prix" la guerre avec le Soudan et à poursuivre les discussions post-partition avec son voisin du Nord.
Le négociateur en chef de la délégation du Soudan du Sud, Pagan Amum, a adopté un ton conciliant, malgré les heurts survenus récemment le long de la frontière qui ont entraîné une détérioration des relations entre les deux pays.
"Nous n'avons qu'un seul plan (...) c'est la paix et protéger la paix à tout prix", a déclaré à des journalistes M. Amum, secrétaire général du Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM, ex-rebelles sudistes) et ancien ministre chargé des négociations de paix.
"Nous croyons que les deux pays doivent maintenir la paix et un bon niveau de coopération", a-t-il poursuivi.
Selon M. Amum, Juba est prêt à soutenir financièrement le Soudan, frappé par la crise économique et un manque de liquidités, en échange de l'abandon de ses revendications sur certains territoires contestés, notamment la zone d'Abyei que l'armée soudanaise occupe depuis mai.
"Nous sommes même prêts à soutenir le Nord, à leur donner des milliards de dollars (...) Nous sommes prêts à partager avec eux, malgré notre pauvreté, dans l'intérêt de la paix", a-t-il dit, sans toutefois préciser si cet argent entrait dans le cadre d'un accord sur la répartition des revenus pétroliers.
Le Soudan du Sud a obtenu son indépendance le 9 juillet après 22 ans de conflit avec le Nord, raflant 75% des champs pétroliers.Mais le pétrole est exporté via le Nord et aucun accord sur le partage des recettes n'a encore été conclu.
D'autres questions restent en suspens: la région disputée d'Abyei, la délimitation des frontières, la dette, la monnaie.
M. Amum a annoncé qu'il ferait des propositions dimanche à Juba à la mission de médiation de l'Union africaine (UA), dirigée par l'ancien président sud-africain Thabo Mbeki, attendue samedi à Khartoum.
Jeudi, le Soudan a exprimé des "réserves fondamentales" sur les propositions de l'UA pour régler ces questions, sans toutefois refuser la négociation.
Khartoum a également dénoncé le manque de coopération du Soudan du Sud, l'accusant d'avoir publié un décret présidentiel, en date du 8 novembre, transférant les parts des concessions de la compagnie pétrolière d'Etat Sudapet, situées dans le sud, à Nilepet son homologue du Sud.
"Le Soudan est celui qui s'est désengagé des discussions.Nous étions prêts à nous rendre à Addis Abeba demain (pour négocier, NDLR), mais nous avons été informés par l'Union africaine que la République du Soudan avait refusé de s'y rendre", a réagi M. Amum.
La délégation sud-soudanaise se rendra en Ethiopie lundi, si Khartoum veut bien l'y rejoindre, a-t-il ajouté.
Les discussions, sous médiation de l'UA, ont eu lieu de manière sporadique depuis la déclaration officielle de l'indépendance du Soudan du Sud.
Les relations se sont détériorées récemment entre les deux pays qui s'accusent mutuellement de soutenir des groupes rebelles opérant de part et d'autre de la frontière.
Les autorités sud-soudanaises accusent Khartoum d'avoir mené plusieurs attaques meurtrières sur leur territoire, dont un raid aérien sur un camp de réfugiés ayant fui le Kordofan-Sud, Etat soudanais frontalier en proie à des combats entre l'armée soudanaise et des rebelles.
Khartoum a démenti toute attaque et accusé à son tour Juba de soutenir les rebelles du Soudan, dont beaucoup avaient combattu au côté des Sudistes pendant la guerre civile (1983-2005, 2 millions de morts).
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