Les mouvances des anciens présidents Ravalomanana et Zafy ont relancé les espoirs de sortie de crise à Madagascar en acceptant de participer au gouvernement d'union formé lundi à Antananarivo, où l'ex-président Didier Ratsiraka est attendu jeudi après neuf ans d'exil.
Les deux mouvances avaient dans un premier temps refusé de participer au nouveau gouvernement d'union nationale, critiquant le processus de nomination et la répartition des postes - 10 ministères sur 35 leur sont attribués.
"Nous assisterons au conseil des ministres aujourd'hui (mercredi) et les cérémonies de passation dans les ministères auront lieu à partir de demain (jeudi)", a déclaré le nouveau ministre des Hydrocarbures Marcel Bernard, un proche d'Albert Zafy.
Du côté des partisans de Marc Ravalomanana, évincé en 2009 et en exil depuis en Afrique du sud, la décision d'intégrer le gouvernement est assortie de "réserves" sur sa composition.
"On entre dans le gouvernement mais on émet des réserves (...) On a demandé à la SADC (Communauté de développement d'Afrique australe) d'intervenir pour que la Constitution du gouvernement soit revue" a déclaré à l'AFP Mamy Rakotoarivelo, chef de délégation de la mouvance Ravalomanana, ajoutant que son groupe n'assisterait pas au conseil des ministres mercredi.
"Après les négociations qu'on a eues en haut lieu avec l'autre camp (du président de la transition Andry Rajoelina), nous avons eu certaines assurances concernant nos revendications", a-t-il précisé, évoquant des discussions sur la Commission électorale et le Parlement.
Ce gouvernement d'union nationale s'inscrit dans un processus de sortie de crise initié le 17 septembre avec la signature d'une feuille de route par dix groupements politiques malgaches.
Madagascar est plongée dans une grave crise politique depuis l'éviction en mars 2009 de M. Ravalomanana par Andry Rajoelina, 37 ans et actuel président du régime de transition.
Ce dernier, alors maire d'Antananarivo, avait pris la tête d'un mouvement de contestation populaire qui avait conduit au départ de M. Ravalomanana, lâché par l'armée.
Le pays a depuis été isolé par la communauté internationale, qui a coupé la plupart de ces aides, vitales pour ce pays pauvre de l'océan Indien.
La décision des deux mouvances Zafy et Ravalomanana, si elle était suivie d'effets, représenterait une avancée décisive dans le très long et douloureux processus de sortie de crise, marqué par de nombreuses réunions sur le continent sous l'égide de la SADC.
Cette possible percée intervient alors que l'ex-président Didier Ratsiraka s'apprête à rentrer à Madagascar jeudi après neuf ans d'exil forcé en France, un retour hautement symbolique et également synonyme de détente politique.
Interrogé par l'AFP à Paris, celui qui fut surnommé l'"Amiral Rouge" a confirmé son arrivée dans la Grande Ile prévue jeudi matin.
L'ex-président s'est refusé à toute autre déclaration sur ses intentions une fois rentré dans son pays."Je ne peux pas donner d'interview à partir du sol français.Devoir et obligation de réserve obligent.Je parlerai devant mon avocat et mes témoins qui sont le peuple malgache", a-t-il précisé.
M. Ratsiraka, 75 ans, a été président de Madagascar de 1975 à 1991, puis de 1996 à 2002.Il vit en France depuis juillet 2002 et a pris part aux négociations de sortie de crise depuis 2009.
Celui qui jouit encore d'une aura intellectuelle dans le pays a refusé de valider la feuille de route mais nombre de ses anciens partisans ont choisi de participer au régime de transition depuis plusieurs mois.
Andry Rajoelina a récemment assuré que M. Ratsiraka était libre de rentrer à Madagascar.L'ex-président avait été condamné en 2003 à dix ans de travaux forcés pour "détournement de deniers publics".
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