La Gambie à la veille d'une présidentielle sans surprise

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BANJUL (Gambie) (AFP) - (AFP)

Les Gambiens vont voter jeudi à une présidentielle, où la réélection de Yahya Jammeh, qui dirige son pays d'une main de fer depuis un coup d'Etat en 1994, ne fait pratiquement aucun doute.

La Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) a indiqué mercredi qu'elle n'enverra pas d'observateurs à ce scrutin, car les conditions d'une élection "libre, juste et transparente" ne sont pas réunies.

Bolaji Akinyemi, ancien ministre nigérian des Affaires étrangères et chef des observateurs du Commonwealth auquel appartient la Gambie, a en revanche salué "l'absence de violences et d'intimidations" pendant la campagne et le travail de la Commission électorale en vue d'un scrutin "libre et jsute".

"Si je suis réélu pour un nouveau mandat de 5 ans, ce dont je suis sûr à 100%, je m'assurerais que mon gouvernement dévoile de nouveaux projets pour les Gambiens tous les trois mois", a lancé le président Jammeh, ex-officier putschiste de 46 ans lors de son dernier meeting mardi à Banjul.

Accusé par les ONG d'atteintes graves aux droits de l'Homme et à la liberté d'expression, en particulier de celle des journalistes, se disant capable, grâce à des "pouvoirs spéciaux", de guérir les malades du sida, Yahya Jammeh peut cependant se prévaloir d'avoir contribué à développer son pays.

En partie grâce au tourisme, la Gambie, petit pays d'Afrique de l'Ouest riche en plages de sable fin et hôtels de standing, table sur un taux de croissance de 5,5% en 2011.Cet Etat anglophone, en partie enclavé dans le Sénégal, s'est doté depuis l'arrivée au pouvoir de Jammeh d'infrastructures modernes, routes, écoles, hôpitaux.

Cette croissance ne se traduit toutefois pas dans le niveau de vie des quelque 1,7 millions de Gambiens dont une majorité vit avec moins de 2 dollars par jour.

Face au président sortant, l'opposition, qui a jugé totalement insuffisants les onze jours de campagne électorale, n'a pas réussi à s'unir, et présente deux candidats: Ousaino Darboe, 63 ans, et Hamat Bah, 51 ans.

"Nous voulons le changement", ont scandé des jeunes lors du dernier meeting de M. Darboe, mardi, certains allant même jusqu'à oser un "Jammeh dictateur".

Leader et candidat de l'Alliance patriotique pour la réorientation et la construction (APRC), Yayha Jammeh a remporté les trois dernières présidentielles organisées depuis 1996.

Aucun cas majeur de violence n'a été signalé pendant la campagne électorale ouverte le 12 novembre et qui s'est achevée mardi.Près de 797.000 Gambiens sont appelés à voter.

En raison de l'illetrisme en Gambie, les électeurs ne votent pas avec un bulletin imprimé classique, mais avec une bille déposée dans une sorte de bidon: il y a trois bidons dont chacun porte une couleur différente correspondant à un candidat.

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