L'ex-président Didier Ratsiraka, 75 ans, a régné pendant 21 ans sur Madagascar où ses idéaux révolutionnaires et la mise en place d'un régime d'inspiration socialiste valurent à cet officier de marine le surnom d'"Amiral Rouge".
Didier Ratsiraka, alors jeune officier pétri d'idéaux révolutionnaires et progressistes, avait été élu président, fin décembre 1975, en même temps qu'était adoptée la constitution de la République démocratique de Madagascar.
Son long règne avait été interrompu, de 1991 à fin 1996, par un mouvement populaire qui l'avait poussé à la démission et conduit une première fois à l'exil en France.
En août 1991, les forces de l'ordre sous son commandement avaient tiré sur des milliers d'opposants massés à l'extérieur du palais présidentiel, faisant une dizaine de morts selon les autorités et au moins 200 selon la presse.
Revenu à Madagascar, Didier Ratsiraka s'était fait réélire face à son précédent tombeur Albert Zafy.
Troquant son costume d'"Amiral rouge", M. Ratsiraka avait depuis la fin des années 80 évolué vers un modèle plus libéral, prônant entre 1996-2001 un "humanisme écologique".
Le "système Ratsiraka" s'est progressivement essoufflé, comme l'a prouvé la montée en puissance du maire d'Antananarivo et entrepreneur à succès Marc Ravalomanana, soutenu par des centaines de milliers de partisans descendus dans la rue après le premier tour de la présidentielle du 16 décembre 2001.
Revendiquant sa victoire au premier tour, M. Ravalomanana avait refusé l'organisation d'un second tour et s'était finalement imposé après sept mois d'une crise violente, contraignant M. Ratsiraka à un second exil en France, à partir de juillet 2002.
Depuis lors, affaibli physiquement et la vue de plus en plus défaillante, M. Ratsiraka habitait la banlieue chic de Paris et n'a cessé d'oeuvrer à son retour.
Fin 2008, une interview accordée à la télévision Viva, propriété du maire d'Antananarivo Andry Rajoelina et pourfendeur actif du régime de M. Ravalomanana, avait provoqué la fermeture de la chaîne par les autorités.
Cette fermeture avait été l'un des éléments déclencheurs du mouvement de contestation dirigé par M. Rajoelina, qui avait contraint M. Ravalomanana au départ en mars 2009.
L'homme fort de Madagascar, Andry Rajoelina a assuré à plusieurs reprises récemment qu'il ne voyait pas de "problème" au retour de l'"Amiral Rouge" dans le pays, en dépit de deux condamnations par contumace aux travaux forcés (5 et 10 ans) prononcées contre lui en 2003 pour atteinte à la sûreté de l'Etat et détournement de fonds publics.
Originaire de l'ethnie Betsimisaraka, sur la côte centre-est, M. Ratsiraka a su tisser durant son règne un réseau d'affidés dans tout le pays, mais nombre de ses partisans ont choisi de participer au régime de transition depuis plusieurs mois.
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