Un nouvel essai clinique mené dans trois pays africains avec un gel microbicide vaginal destiné à prévenir une infection par le virus du Sida (VIH) a été arrêté faute d'efficacité, a annoncé vendredi l'Institut national américain des allergies et des maladies infectieuses (NIAID).
Cet échec, dont les causes n'ont pas été éclaircies, est jugé "très décevant et surprenant" par les chercheurs dans la mesure où une étude clinique précédente avec ce même gel microbicide à base de Tenofovir (1%), un antirétroviral, avait donné des résultats encourageants.
Cette étude baptisée Caprisa, dont les résultats avaient été annoncés en juillet 2010, montrait en effet que ce gel vaginal protégeait 39% des femmes qui l'appliquaient avant un rapport sexuel.Chez celles l'utilisant le plus régulièrement, le risque d'infection par le VIH (virus de l'immunodéficience humaine) était réduit de 54%.
Les infectiologues espéraient de ce fait que le nouvel essai clinique baptisé VOICE (Vaginal and Oral Interventions to Control the Epidemic), aurait confirmé les résultats de Caprisa.
Mais il a montré dans cette évaluation intermédiaire que 6% des participantes utilisant le gel au Tenofovir ainsi que 6% de celles prenant un placebo avaient été infectées avec le VIH, soit aucune différence entre les deux groupes.
L'essai clinique VOICE avait commencé en 2009, enrôlant plus de 5.000 femmes en Afrique du Sud, en Ouganda et au Zimbabwe et devait se poursuivre jusqu'à la mi 2012 avec les résultats publiés début 2013.
Cette recherche a été divisée en trois études distinctes testant en comparaison avec un placebo le gel avec 1% de Tenofovir, des comprimés à base de cet antirétroviral et d'autres avec du Truvada, une combinaison de Tenofovir avec un autre traitement antiviral.
L'étude avec le Tenofovir sous forme de comprimé pris oralement a déjà été arrêtée en septembre également en raison de son manque d'efficacité.
Puisqu'un des trois essais cliniques, celui avec le Truvada, se poursuit, les chercheurs chargés de ces études n'ont pas encore fini de collecter toutes les données permettant de déterminer notamment qui chez les participantes utilisaient le gel microbicide et celles prenant un placebo.
De ce fait, les médecins chargés de ces essais cliniques ne sont pas encore en mesure de déterminer les causes de cet échec.
"Mais même quand nous disposerons de plus de données, les raisons pour lesquelles les résultats de ce dernier essai clinique avec le gel vaginal microbicide diffèrent de ceux de l'étude Caprisa, pourraient de pas être très claires", souligne, dans un communiqué, le Docteur Sharon Hillier, de la faculté de médecine de l'Université de Pittsburgh (Pennsylvanie, est).
Elle est la principale chercheuse du "réseau des essais cliniques de microbicides" qui supervise un grand nombre de ces études.
Cependant le Docteur Hillier relève que de nombreux facteurs pourraient expliquer l'échec de l'essai clinique VOICE avec le Tenofovir sous forme de comprimé et dans un gel vaginal.
Ainsi, il est possible que trop peu de femmes aient utilisé le gel régulièrement ou que ce gel ait pu provoquer une inflammation vaginale propice à l'infection par le VIH, spéculent ces chercheurs.
Cet essai clinique a été financé par le NIAID, partie des Instituts nationaux américains de la santé (NIH)
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