Egypte: tractations sur une issue de crise, un mort à 48 h des élections

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LE CAIRE (AFP) - (AFP)

Le pouvoir militaire contesté en Egypte a tendu la main samedi aux deux principaux ténors de la scène politique pour tenter de trouver une issue à la crise qui secoue le pays, à moins de 48 heures des premières élections de l'après-Moubarak.

Entre-temps, un jeune manifestant a été tué lors de heurts avec les forces de l'ordre devant le siège du gouvernement, première victime après deux jours de relative accalmie.

Et la Coalition de la jeunesse de la révolution, formée durant le soulèvement du début d'année, a appelé sur sa page Facebook à des manifestations massives dimanche sur la place Tahrir et dans toute l'Egypte pour réclamer la fin du pouvoir militaire.

Sur le plan politique, le chef de l'armée, le maréchal Hussein Tantaoui, a reçu Mohamed ElBaradei et Amr Moussa, deux personnalités dont les noms sont évoqués pour diriger un gouvernement de "salut national", a rapporté l'agence officielle Mena.

 M.ElBaradei, ancien chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et M. Moussa, ex-secrétaire général de la Ligue arabe, ont été reçus séparément par le maréchal, qui a discuté avec eux des "derniers développements et de la situation sur la scène locale", a ajouté Mena, sans plus de détails.

Selon des sources politiques, les discussions ont porté sur la création d'un "comité consultatif" civil auprès du Conseil suprême des forces armées (CSFA), qui dirige le pays depuis la chute de Hosni Moubarak en février.

Devant le siège du gouvernement, un jeune homme de 19 ans a été tué lorsque la police anti-émeutes a attaqué à coup de grenades lacrymogènes des manifestants qui ont campé toute la nuit sur place pour protester contre le nouveau Premier ministre nommé par l'armée.

Selon des témoins, le jeune homme a été écrasé par un véhicule des forces de sécurité.Le ministère de l'Intérieur a confirmé ce décès, tout en assurant que la victime avait été heurté accidentellement par un véhicule policier et qu'il n'y avait pas d'ordre de dispersion des manifestants.

 Il s'agit de la première victime après deux jours d'accalmie dans la capitale et d'autres villes du pays, où de violents heurts ont fait 41 morts en cinq jours, essentiellement près de l'emblématique place Tahrir au centre du Caire.

Celle-ci est encore occupée par des milliers de manifestants critiquant sans relâche le CSFA, accusé de vouloir maintenir sa mainmise sur les affaires du pays et de perpétuer la politique de répression de Moubarak, lui-même issu de l'armée, chassé du pouvoir après trois décennies de règne.

Ces événements interviennent à 48 heures des premières élections depuis la chute de Moubarak, alimentant les craintes que le scrutin soit émaillé de violences.

Vendredi, le CSFA a nommé Kamal el-Ganzouri Premier ministre en remplacement d'Essam Charaf, qui a démissionné sous la pression de la rue.Mais le choix de cet homme de 78 ans qui a déjà occupé ce poste sous Moubarak a été immédiatement rejeté par la foule place Tahrir.

Au centre de la place, le "village de tentes" a grossi depuis une semaine."On a beaucoup patienté, maintenant il y a une crise de confiance", a expliqué à l'AFP un manifestant, Hazem Diab, 26 ans, employé dans l'informatique.

Mais la rue est plus que jamais divisée.Face aux contestataires de la place Tahrir, d'autres Egyptiens réclament un retour à la stabilité et à la relance de l'économie, plongée dans un marasme profond depuis le soulèvement du début de l'année.

"Je dis aux jeunes de Tahrir: +merci, maintenant ça suffit+", a affirmé vendredi Khaled Bchir, 37 ans, lors d'une grande contre-manifestation pour soutenir l'armée au pouvoir, sur la place Abbassiyya à quelques kilomètres de Tahrir.

Le maréchal Tantaoui a annoncé mardi que l'élection présidentielle aurait lieu avant fin juin, ce qui permettra à l'armée de remettre le pouvoir exécutif à un chef d'Etat élu, mais les manifestants estiment cette annonce insuffisante.

La chef de la diplomatie de l'Union européenne, Catherine Ashton a demandé samedi que les violences cessent en Egypte et que la primauté du droit soit maintenue avant le début du vote lundi, au lendemain d'un appel de Washington à un "transfert complet de pouvoir à un gouvernement civil".

Plus de 100.000 Egyptiens de l'étranger, privés du droit de vote sous le régime Moubarak, ont déjà voté dans le cadre des législatives étalées sur trois tours et pour lesquelles quelque 40 millions d'électeurs sont appelés à voter, a annoncé le gouvernement.

Ils doivent élire 498 membres de l'Assemblée du peuple (chambre des députés), tandis que 10 autres seront nommés par le maréchal Tantaoui.

Force politique la mieux organisée du pays, la confrérie des Frères musulmans, qui boycotte les manifestations place Tahrir, paraît en position de force dans ce scrutin.

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