Maroc: les islamistes aux portes du pouvoir après les législatives

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RABAT (AFP) - (AFP)

Les Marocains attendaient dimanche les résultats définitifs des élections législatives devant confirmer la large victoire des islamistes modérés qui, pour la première fois dans l'histoire moderne du pays, devraient accéder au gouvernement et le diriger.

La victoire probable du Parti justice et développement (PJD), qui était le premier parti d'opposition, intervient un mois après celle du mouvement islamiste Ennahda en Tunisie, pays ayant initié en décembre 2010 le mouvement de révoltes dans le monde arabe.

Selon les résultats officiels de plus des deux tiers des circonscriptions, le PJD est déjà crédité de 80 sièges (contre 47 dans l'assemblée sortante) pour le scrutin de vendredi.

Les résultats définitifs pour les 395 députés de la chambre seront connus dimanche en fin d'après-midi.

Sauf surprise, le chef du PJD Abdelilah Benkirane devrait être désigné par le roi pour former un gouvernement de coalition, comme le veulent les usages politiques.

Après le plébiscite du référendum constitutionnel de juillet, le déroulement des élections législatives ont permis au pays de gagner le pari de la stabilité voulue par le roi Mohamed VI, qui s'est engagé dans une politique de réformes en douceur, en tirant les leçons du printemps arabe qui a touché le royaume.

Fort de ce score historique, le PJD, qui se veut à "référence islamique" et "monarchiste", a annoncé qu'il était prêt à entamer les consultations.

Plusieurs partis de l'actuel gouvernement se sont déclarés prêts à participer à ces concertations.Parmi eux, l'Istiqlal, parti du Premier ministre actuel Abbas El Fassi, et l'Union socialiste des forces populaire (USFP).

L'Istiqlal, qui occupait la première place dans l'actuel Parlement avec 52 députés, a obtenu 45 sièges, selon des chiffres non définitifs.

Le scrutin a également connu une bonne participation, avec un taux de 45,4%, contre 37% en 2007.Cette participation en hausse a été un facteur déterminant dans le succès du PJD grâce à une mobilisation de ses sympathisants dans les centres urbains du pays où il est le mieux implanté.

Mettant en avant "l'alternance", le Premier ministre Abbas El Fassi a qualifié de "positive" la participation des électeurs "en dépit des appels de boycott".

Plusieurs centaines de manifestants ont défilé dimanche à Casablanca pour contester les chiffres officiels de participation aux législatives.

Cette manifestation qui a rassemblé entre 1.500 et 2.000 personnes dans les quartiers populaire de la ville, selon des correspondants, s'est mobilisée à l'appel du Mouvement du 20 février, qui avait prôné le boycott du scrutin de vendredi.

L'Occident n'a rien à craindre, selon le PJD

Ce succès des islamistes modérés intervient cinq mois après une réforme constitutionnelle décidée par le roi Mohamed VI qui stipule que le chef du gouvernement est choisi au sein du parti arrivé en tête des élections.

"Nous sommes sereins.C'est clairement un vote pour le changement", s'est félicité à l'AFP une source diplomatique occidentale à Rabat, sous le couvert de l'anonymat.

La France et l'Union européenne, principaux partenaires économiques du royaume ont également salué les élections.

La chef de la diplomatie américaine, Hillary Clinton, a invité les Marocains à se saisir de "la tâche difficile de bâtir la démocratie"

M. Benkirane a assuré que "l'Occident" n'avait rien à craindre de son parti."On n'a pas besoin de le rassurer, il l'est déjà", a-t-il dit à l'AFP.

"L'essentiel de notre programme et de ceux qui vont gouverner avec nous aura deux axes: la démocratie et la bonne gouvernance", a affirmé le chef du PJD à la chaîne de télévision France 24.

"Les Marocains insistent pour garder leur monarchie, mais ils veulent qu'elle évolue avec eux", a-t-il commenté.

De fait, le prochain gouvernement devra nécessairement composer avec le palais qui conserve de larges prérogatives et joue un rôle d'arbitre alors que le royaume reste confronté à des défis socio-économiques importants.

"La norme restera définie par le roi (...) qui continuera de présider le conseil des ministres, et ne peut se contenter d'être en dehors du système", estime la politologue Khadija Mohsen, spécialiste du Maroc.

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