Les islamistes du mouvement Boko Haram, très actifs dans le Nord-Est du Nigeria représentent une menace émergente pour les Etats-Unis, ont estimé des membres du Congrès américain dans un rapport présenté mercredi.
Le texte de 28 pages, rédigé par les responsables de la sous-commission sur l'Antiterrorisme et le Renseignement, conclut que "Boko Haram a rapidement évolué et représente une menace émergente pour les intérêts et le territoire américains".
Les élus affirment aussi que le groupe "pourrait développer ses capacités à se coordonner sur les plans rhétorique et opérationnel avec Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et les shebab (de Somalie)".
Ils voient un parallèle dans l'évolution de Boko Haram avec d'autres groupes qui ont mis à exécution récemment des menaces contre les Etats-Unis comme Al Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa) ou les talibans du Pakistan.Les élus citent notamment la tentative d'attentat de Noël 2009 contre un avion de ligne américain à destination de Detroit, menée par un jeune Nigérian ayant suivi un entraînement auprès d'Al-Qaïda au Yémen.
Ils affirment aussi que ces précédentes menaces contre les Etats-Unis ont été "sous-estimées" et que la même erreur ne devait pas se reproduire avec Boko Haram.
La secte islamiste Boko Haram s'est récemment lancée dans des actions de plus en plus sophistiquées et le 26 août le mouvement islamiste a revendiqué un attentat suicide contre le siège de l'ONU en plein coeur de la capitale Abuja, faisant 24 morts.
Mercredi, les élus de la sous-commission ont entendu des experts, afin de s'informer davantage sur le sujet.
"Tout indique que les soutiens de Boko Haram, au Nigeria et en dehors du pays, sont toujours quelque peu limités.Néanmoins, le fait que le groupe a été capable dans les derniers mois d'étendre ses opérations au-delà de ses bases dans le Nord du Nigeria doit être interprété comme une piqûre de rappel pour le Nigeria et la communauté internationale", a averti Peter Pham, spécialiste de l'Afrique au cercle de réflexion Atlantic Council.
Pour faire face à cette nouvelle situation, le rapport de la sous-commission recommande au département d'Etat d'examiner la possibité de placer Boko Haram sur la liste noire américaine des organisations terroristes.
Le texte encourage aussi les Etats-Unis à mettre davantage l'accent sur Boko Haram en terme de renseignement.
En effet, les experts présents mercredi au Congrès ont souligné l'absence d'informations sur le groupe.
Selon Ricardo Larémont, professeur de Sciences politiques à l'Université de Binghamton, Washington peut obtenir davantage d'informations en mettant en place un présence diplomatique dans le Nord du Nigeria."La diplomatie n'existe pas dans le Nord.Par conséquent, nous n'avons pas d'informations", a-t-il dit.
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