Tunisie: réunion de l'Assemblée constituante, la rue réclame des actes

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TUNIS (AFP) - (AFP)

L'Assemblée constituante tunisienne devait examiner mardi un projet de "mini-constitution" permettant la formation d'un gouvernement, une "urgence absolue" selon plusieurs élus qui ont souligné la situation explosive dans la rue.

Les 217 députés doivent examiner un texte de 26 articles sur l'organisation des pouvoirs publics qui permettra le démarrage effectif des institutions de l'Etat, un mois et demi après les élections du 23 octobre, et alors que la situation économique et sociale se dégrade de jour en jour.

Mais plus d'une heure après le début de la séance, l'examen du texte n'avait pas encore commencé.

A l'extérieur, quelque 300 personnes manifestaient dans le calme en scandant notamment les slogans de la révolution tunisienne: "Liberté et dignité". Plusieurs élus se sont dits conscients de "l'urgence".

"Le peuple en a marre d'attendre!Commençons à travailler, assez d'atermoiements", a lancé un député du parti islamiste Ennahda, Amar Larayedh, peu après le début de la séance.

La chef du Parti démocrate progressiste (PDP), opposition, Maya Jribi, a quant à elle mis en garde contre "les risques d'explosion sociale et la détérioration de la situation sécuritaire dans le pays".

 Sit-in, grèves et éruptions de violences se multiplient en Tunisie, où tous les indicateurs sont au rouge: croissance nulle voire négative en 2011, et un taux de chômage qui dépassera les 18%, selon le gouverneur de la Banque Centrale tunisienne Mustapha Kamel Nabli.

Le tout sur fond de vacance du pouvoir.

"Entre un gouvernement démissionnaire et un gouvernement qui n'est pas encore formé, qui gère le pays ?", s'est interrogé un élu d'Ennahda, Abdelkarim Harouni. 
Le gouvernement sortant de Béji Caïd Essebsi, formé fin février dans le sillage de la chute du régime de Ben Ali le 14 janvier, n'est plus qu'en charge des affaires courantes.

L'élection du président de la République et la formation d'un gouvernement ne pourront intervenir qu'après l'adoption du texte sur l'organisation des pouvoirs publics, qui définit notamment les prérogatives de chacun.

Laborieusement élaboré en commission, le projet a fait l'objet d'âpres discussions pendant quinze jours, particulièrement entre les trois vainqueurs du scrutin, les islamistes d'Ennahda et les deux partis de gauche CPR (Congrès pour la République) et Ettakatol.

La présidence doit normalement revenir à Moncef Marzouki, dirigeant du CPR, et le gouvernement à Hamadi Jebali, numéro 2 d'Ennahda. Mais au vu de la tournure des débats, la formation d'un exécutif pourrait encore prendre plusieurs jours.

"Nous sommes fatigués d'attendre.A la limite on s'en fout de qui sera au gouvernement.Qu'ils se partagent le gâteau, nous on veut du travail!" a déclaré à l'AFP Nizar Jeridi, un chômeur de 23 ans.

Venu du bassin minier, une région déshéritée du centre en proie à de régulières éruptions de violence, il campe avec plusieurs autres chômeurs depuis près d'une semaine devant l'Assemblée.Ils resteront "jusqu'à la formation d'un gouvernement qui puisse prendre des décisions urgentes", a affirmé un autre chômeur Ali Jedlaoui.

"Nous sommes conscients de l'urgence de la situation, et de la tension dans la rue et le pays.Il faut donner un coup de fouet au processus", a déclaré à l'AFP le porte-parole du CPR Abdelawab Matar, peu avant l'ouverture de la séance.

Mais en fin de matinée, la séance a été suspendue et la reprise des travaux était prévue à 16H00 (15H00 GMT).

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