Climat: un jour de plus à Durban pour arracher un accord

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DURBAN (Afrique du Sud) (AFP) - (AFP)

Les négociations climat jouaient les prolongations samedi à Durban (Afrique du Sud) pour arracher - dans la douleur - un calendrier d'action pour la décennie à venir afin d'enrayer le réchauffement de la planète et ses effets dévastateurs annoncés.

Le dernier texte âprement discuté toute la nuit propose de s'engager vers un accord incluant tous les pays - contrairement au protocole de Kyoto qui ne concerne que les industrialisés - qui serait adopté en 2015.La date de son entrée en vigueur et sa nature juridique ("protocole" ou "autre instrument légal") restaient cependant flous.

L'objectif affiché de la communauté internationale est de limiter la hausse de la température de la planète à +2°C pour éviter un emballement de la machine climatique.La conférence de l'ONU, qui a démarré fin novembre, devait initialement s'achever vendredi.

"Nous sommes désormais, pour des questions de temps, dans une situation extrêmement critique", a estimé le ministre allemand de l'Environnement, Norbert Röttgen."On risque l'échec par défaut de négociations, de confrontations", ajoutait en écho la ministre française de l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet, soulignant que de nombreux délégués avaient déjà "leur valise sous le bras".

A la mi-journée, une certaine confusion régnait: aucun horaire n'avait été communiqué pour la réunion finale au cours de laquelle les textes débattus durant deux semaines doivent être adoptés.De nombreuses voix s'interrogeaient sur la stratégie de la présidence sud-africaine de la conférence consistant à multiplier les réunions très larges sans donner ni cap, ni tempo.

Le lancement d'une "feuille de route" vers un traité global est la condition posée par les pays européens pour reprendre de nouveaux engagements dans le cadre du protocole de Kyoto et ainsi le maintenir en vie.

Seul traité juridiquement contraignant sur le climat, dont la première période d'engagement s'achève fin 2012, Kyoto revêt une forte charge symbolique pour les pays en développement.Son effondrement serait un signal très négatif deux ans après le psychodrame du sommet de Copenhague.

Selon M. Röttgen, les blocages sur cette feuille de route restaient le fait, samedi matin "comme depuis le début de la semaine", des Etats-Unis, de la Chine et de l'Inde.

Le projet de texte qui pourrait être adopté samedi évoque aussi la nécessité de "relever les niveaux d'ambition" de réduction des émissions de gaz à effet de serre (à l'origine du réchauffement climatique) dont la concentration dans l'atmosphère ne cesse d'augmenter.

A ce jour, les engagements pris par les pays développés et les grands émergents (Chine, Inde, Brésil, Afrique du Sud) ne permettent pas, loin s'en faut, de contenir le réchauffement.

Dans un monde à +4°C, "l'été 2003, où nous avons connu cette vague de chaleur extraordinaire en août (en Europe), sera un été moyen dans les années 2040 et l'un des plus frais dans les années 2060", rappelait le négociateur de l'Union européenne, Artur Runge-Metzger, avant le début de la réunion de Durban.

Dans une atmosphère un brin résignée, certains délégués évoquaient samedi l'hypothèse d'une suspension des négociations comme ce fut le cas en 2000, lors de la Conférence climat de La Haye.

Nouveau coup dur pour un processus de négociation déjà très critiqué pour sa lenteur, cette option serait néfaste pour l'avancée des discussions sur le fond, redoutait un délégué car "quand on reprend plusieurs mois plus tard, tous les pays reviennent sur ce sur quoi ils avaient avancé".

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