Présidentielle en Guinée: des résultats provisoires "vendredi au plus tard"

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CONAKRY (AFP)

La Cour suprême de Guinée a accordé 48 heures supplémentaires à la commission électorale pour publier les résultats provisoires de la première élection présidentielle libre de l'histoire du pays, attendus dans un climat d'impatience et de suspicion croissantes.

Selon le code électoral, la commission devait normalement livrer les premiers résultats dans les 72 heures après le scrutin, soit mercredi avant 18H00 (locales et GMT).

Désormais, la Commission électorale nationale indépendante (Céni) a jusqu'à "vendredi au plus tard" pour publier ces résultats, selon la décision de la Cour qui affirme avoir tenu compte de "difficultés d'ordre logistique, matériel et sécuritaire".

"Il est accordé à la Commission électorale nationale indépendante (Céni) une prorogation de 48 heures du délai fixé par l'article précité du code électoral relativement à la publication de la totalisation globale des résultats provisoires de l'élection présidentielle du 27 juin", stipule l'ordonnance signée du premier président de la Cour suprême, Mamadou Sylla.

Après un demi-siècle de dictatures, 24 candidats - tous civils - briguent la présidence de ce pays pauvre d'Afrique de l'Ouest.

Trois sont donnés favoris.Deux anciens Premiers ministres du général Lansana Conté (1958-1984) - Cellou Dalein Diallo et Sidya Touré - et un opposant à tous les régimes successifs, Alpha Condé.

Le report de l'annonce des premiers résultats n'a pas pas vraiment créé la surprise à Conakry, la Céni ayant déjà expliqué qu'elle peinait à centraliser les résultats.

Mercredi matin, le directeur des opérations électorales de la Céni, Pathé Dieng, avait déclaré à l'AFP: "Les choses se bousculent, les résultats tombent à un rythme plus accéléré.(...) C'est notre dernier jour.Il faudrait qu'on se démultiplie pour répondre à cet appel.C'est notre défi".

 Mais ce report intervient après une journée de tension dans les états-majors politiques.

Vingt partis - sur les 24 engagés dans l'élection - avaient multiplié mardi les accusations de "fraudes massives", évoquant notamment des "bourrages d'urnes" ici ou là.

Autant d'accusations que la Céni a rejeté comme des "rumeurs totalement infondées".

 La Commission se trouve donc sous le feu des critiques.Sous le couvert de l'anonymat, un responsable du parti du candidat Alpha Condé a même accusé de "magouilles", mercredi, les membres de la Céni, en les présentant comme des "militants inconditionnels d'autres partis".

Mais les partis s'accusent aussi les uns les autres d'avoir manipulé les résultats.

"Qui va enquêter sur la véracité de ces fraudes?", s'interrogeait Alpha Touré, membre du conseil national des organisations de la société civile, ajoutant: "Nous souhaitons que chacun prenne ses responsabilités pour qu'on connaisse enfin, dans ce pays, la quiétude qui nous fait défaut depuis longtemps".

A Paris, le ministère français des Affaires étrangères a souhaité que les contestations respectent les procédures constitutionnelles.

"Il appartient aux candidats qui souhaiteraient contester les résultats de le faire dans le cadre des procédures légales, en l'occurrence devant la Cour suprême, dans les huit jours suivant la proclamation des résultats par la Céni", a déclaré un porte-parole.

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